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« Alata », le nouveau film de Michael Mayer

Depuis quelques semaines au cœur de l’actualité politique et sociale en France, le débat sur l’égalité des droits et le mariage pour tous n’en finit pas de diviser. Mais si l’homosexualité est aujourd’hui largement admise dans nos sociétés occidentales, elle constitue depuis toujours – et de plus en plus avec la montée des extrémismes et des fanatismes, un véritable danger dans la majeure partie des pays du Proche et du Moyen Orient.

alataSeule exception dans cette région agitée où le crime d’honneur demeure encore l’unique moyen de laver sa famille du pêché, Israël en règle générale – et Tel Aviv en particulier, constitue une enclave de liberté. Les associations venant en aide aux homosexuels – qu’ils soient israéliens ou palestiniens d’ailleurs, y sont nombreuses, l’homosexualité y est tolérée – voire affichée, et si le mariage gay n’est pas autorisé dans ce pays où la synagogue et l’Etat ne sont pas séparés, il est cependant reconnu pour les unions célébrées à l’étranger.

Si la société israélienne a évolué en ce sens au sujet de l’homosexualité, c’est en partie grâce à une scène artistique et cinématographique riche et variée, ouverte sur le monde, et qui a largement contribué à faire entrer et à faire accepter le sujet dans les foyers. Avec une multitude de films dont les actions principales se situent dans toutes les couches de la société – Amazing Grace en 1992 (cercle familial), Les garçons du trottoir en 2003 (prostitution), sans oublier Tu n’aimeras point de Haïm Tabakman sorti 2009 (communautés juives orthodoxes), ou encore Yossi et Jagger (Tsahal), Tu marcheras sur l’eauThe bubble et plus récemment Yossi, tout quatre signés du très emblématique Eytan Fox, Israël peut être fier de s’illustrer face à ses puissants concurrents européens et américains.

Si à l’instar de The bubble, il traite lui aussi de la relation entre gays israéliens et palestiniens, le film Alata, de Michael Mayer, qui sort en France le 22 mai, met aussi en lumière la situation individuelle des jeunes homosexuels dans les territoires de Judée-Samarie, et la manière dont peuvent parfois être retournés contre eux ce terrible secret.

Tel Aviv, de nos jours. Roy, jeune et bel avocat, rencontre Nimr dans une boite gay, étudiant en psychologie à l’université et qui rêve de s’exiler au Etats-Unis ou en Europe pour fuir une société et une famille qui ne l’acceptent pas. Entre un frère terroriste et un père qui voit d’un mauvais œil le fait de devoir au système éducatif israélien la réussite de son fils, la vie de Nimr est jalonnée de mensonges et de craintes. Mais lorsque le Shin Beit – les services de sécurité intérieure d’Israël, entre dans sa vie et lui retire le laisser-passer qui lui permettait de suivre librement ses études à Tel Aviv, c’est la vie des deux jeunes garçons qui va basculer dans un engrenage d’une autre dimension, entre amour et reniement, chantage et clandestinité.

Premier long-métrage du jeune réalisateur Michael Mayer, Alata – qui signifie « obscurité » en hébreu, est à la fois un drame psychologique, humaniste, social et familial. Pour porter à l’écran ces deux rôles forts dans son premier projet d’envergure, Michael Mayer a fait appel à Nicholas Jacob, qui signe avec Nimr son premier rôle au cinéma. Il a depuis tourné dans There was a girl, de Nathalie Kaplan, ou encore Three sisters de Susha Arraf. Michael Aloni, qui quant à lui incarne le personnage de Roy, est déjà bien connu en Israël où il a animé des émissions pour enfants, est apparu dans différents sitcoms, et s’est déjà illustré sur le grand écran avec des rôles dans Infiltration, de Dover Kosashvili ou encore dans Le policier, de Nadav Lapid.

Récompensé entre autres à Toronto, Chicago, Hambourg et sacré Meilleur film au festival international du film de Haïfa, Alata, déjà sorti au Canada et aux Etats-Unis fin 2012 et en Israël début 2013, arrive en France le 22 mai.

De plus, de nombreux événement accompagneront la sortie d’Alata. Le film sera projeté en avant-première exceptionnelle et en présence du réalisateur le mardi 14 mai 2013 à 20h30 au cinéma Gaumont Opéra. Une seconde projection sera organisée lors d’une soirée spéciale le mercredi 22 mai 2013 au cinéma Nouveau Latina, où le film sera accompagné d’un débat avec les associations Beit Haverim et Caélif.

Alata / Invisibles (édition Collector 2 DVD), de Michaël Mayer.

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