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« Chroniques de Jérusalem », de Guy Delisle

Sans aucun doute, Chroniques de Jérusalem prend fait et cause pour les arabes palestiniens. La vision de la ville Sainte et de l’Etat d’Israël que cette bande dessinée véhicule est belle et bien partiale, mais d’un point de vue purement graphique, ce nouvel opus est fort réussi.

chroniques de jerusalemAprès trois ouvrages issus de son expérience en Asie – Shenzhen en Chine, Pyongyang en Corée du Nord et Chroniques birmanes en Birmanie, Guy Delisle revient sur la scène de la BD avec ce quatrième récit dans lequel il tente de nous faire part de son expérience de onze mois passés dans un quartier arabe de Jérusalem-Est, où lui et sa famille se sont installés.

Au fil des 300 pages que comptent l’album, qu’il n’a réalisé qu’à son retour en France, l’auteur nous emmène dans son quotidien hiérosolomytain. Il essaie de se repérer dans cette ville aux multiples visages, au cœur de conflits incessant depuis des millénaires. De page en page, nous le suivons au supermarché, dans les transports en commun, dans les rues désertes les jours de shabbat, mais aussi au cours de l’opération « Plomb Durci », ou le long de la barrière de sécurité et dans les longues files qui se forment aux check-points – contrôles nécessaires pour assurer la sécurité de l’Etat hébreu, ce qu’il semble omettre de préciser. On peut d’ailleurs être surpris du peu de recul qu’il peut prendre par moments, malgré les nombreuses et lointaines expéditions qui jalonnent sa vie depuis quelques années et qui devraient lui permettre de porter un jugement plus… éclairé. Comme si un conflit de plus de soixante années pouvait simplement s’expliquer en quelques mois, presque »vu depuis la fenêtre d’un appartement »…

Chroniques de Jérusalem, intéressant, mais…

Guy Delisle est né le 19 janvier 1966, à Québec. Après des études d’arts plastiques et d’animation, il arrive en Europe en 1988 et réalise quelques années plus tard son premier long-métrage, Trois petits chats, bientôt suivi d’un second, Le moine et le poisson. Il suit depuis de nombreuses années son épouse, qui travaille à Médecins Sans Frontières. Il est aujourd’hui considéré comme un des auteurs de bandes dessinées les plus en vue, et a remporté le prix du Meilleur Album 2012 lors du dernier festival de bande dessinée d’Angoulême.

Chroniques de Jérusalem, aux éditions Delcourt. 334 pages. 25,50€.

Si vous désirez aller plus loin :

– Chroniques de Jérusalem – Fauve d’or d’Angoulême – prix du meilleur album 2012, de Guy Delisle.

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