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« Composed : identity, politics, sex », au Jewish Museum de New York

Du 22 décembre 2011 au 30 juin 2012, le Jewish Museum de New York présente, à-travers les œuvres de sept artistes contemporains, une très belle exposition de photographies intitulée Composed : identity, politics, sex. A l’aide de portraits traditionnels et classiques, de clichés à tendance photo journalistique, d’images de profils, cette exposition tente de mettre en lumière les aspects psychologique et médiatique du sexe et du désir présents dans nos vies, qu’elles soient publiques ou privées.

adi nesAux côtés de Marc Adelman, Gloria Bornstein, A.A. Bronson, Debbie Grossman, Collier Schorr et Rona Yefman se trouve également des clichés d’Adi Nes, un des photographes israéliens les plus réputés, en particulier pour ses nombreux travaux mettant en scène des soldats ainsi que des thèmes bibliques, et sur lequel cet événement permet de revenir le temps d’un article.

De parents immigrés d’Iran, Adi Nes nait en 1966 à Kyriat Gat, à une soixantaine de kilomètres au sud de Tel Aviv. Une fois son service militaire terminé, passionné par les métiers artistiques, il intègre en 1989 la prestigieuse école d’art et de design Bezalel de Jérusalem, et choisit presqu’accidentellement la photographie. Dès le début de son cursus, il adopte un style dans lequel la mise en scène est prépondérante, à l’instar de ses modèles Cindy Sherman ou Gregory Crewdson. Les images qu’il crée, les mondes dans lesquels il voyage sont pour lui autant de mémoires personnelles, d’impressions et d’expressions corporelles fascinantes. « Chaque création est influencée par la biographie de l’artiste » déclare-t-il.

En 1993, après avoir reçu deux récompenses en Israël, il expose pour la première en solo, à la galerie Camera Obscura de Tel Aviv. Son expérience militaire de trois années aura sur lui une influence considérable, et donnera le jour à de superbes clichés tirés de la série Soldiers. Dès le début de ce projet, qui sera fortement décrié pour l’ « homo-érotisme » du militaire israélien ainsi élevé au rang d’icône, il souhaite que le soldat en tant que tel soit une métaphore pour l’humanité, et décide par conséquent de ne jamais le mettre en scène en train de tuer ou de se servir de son arme. Il préfère le voir manger, boire, plaisanter, fumer…

adi nes last supper

Un autre sujet qui lui est cher est celui de la Bible, dont il interprète les textes plus qu’il ne les présente de façon historique, comme le firent avant lui en peinture le Caravage ou Rubens. Avec Biblical Stories, ses modèles adoptent des poses résolument baroques, et il ne tente ni d’illustrer ni de dramatiser les grands textes religieux, mais plutôt d’utiliser ces derniers afin de créer quelque chose de neuf, comme un miroir de ce qu’il est lui-même, du monde duquel il vient. Et le résultat est profondément émouvant, simplement sublime. Et une des œuvres les plus aboutie est sans nul doute son interprétation de La Cène, de Léonard de Vinci, où Jésus et ses apôtres cèdent la place à des soldats de l’armée israélienne. Vendue chez Sotheby’s en 2007 pour plus de 250.000$, cette photographie a fait la couverture du New York Times en mai de l’année suivante.

Puisant toujours autour de lui, à-travers les images des médias ou simplement les banales scènes de rue, son inspiration pour de nouveaux projets, son processus de travail, long, complexe et dynamique à la fois, est sans cesse en action.

Adi Nes vit aujourd’hui à Tel Aviv.

Composed : identity, politics, sex, du 22 décembre 2011 au 30 juin 2012 au Jewish Museum of New York.

Si vous désirez aller plus loin :

– Visitez le site officiel d’Adi Nes.

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