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« Erwin Blumenfeld », au Jeu de Paume

Regroupant collages et dessins inconnus du grand public, essais de films publicitaires, photographies ou encore couvertures de magazines, l’exposition Erwin Blumenfeld, actuellement présentée au Jeu de Paume à Paris, propose de revenir sur cinquante années de la vie et de la carrière d’un artiste dont le travail a largement contribué au développement de la photographie moderne.

erwin blumenfeld jeu de paume exposition condé nast photographe modeChronologique, elle présente, autour de sept thèmes, l’ensemble des techniques artistiques utilisées par le photographe de mode d’origine allemande.

De ses premiers dessins à l’encre, à l’aquarelle ou aux crayons de couleurs à ses photos d’architecture – la Tour Eiffel, les vitraux de la Sainte-Chapelle –, en passant par ses premiers autoportraits, Erwin Blumenfeld 1897-1969 est à la fois un voyage dans le temps et dans l’espace.

Si l’évolution de la technique photographique est évidente au fil du parcours, passant du noir et blanc au photomontage, puis à la couleur jusqu’à atteindre un esthétisme proche de la perfection avec les clichés de la dernière salle, le visiteur est également invité à un périple à travers les principales villes où a vécu et travaillé Erwin Blumenfeld, de Berlin, où il naît en 1897, jusqu’aux Pays-Bas où il entre illégalement, de Paris où il découvrira le travail de Man Ray, jusqu’à New York où une succession de contrats avec des magazines prestigieux feront de lui le photographe le mieux payé des États-Unis.

Lorsqu’il quitte Berlin en 1919, Erwin Blumenfeld ouvre à Amsterdam une boutique de confection spécialisée dans les sacs à main en cuir pour dames. Passionné par la photographie, il utilise certaines de ses clientes comme modèles, et les invite à prendre la pose.

Développant et tirant ses clichés dans une pièce transformée en laboratoire, il perfectionne sa technique et affute son œil. Mais ce seront réellement son arrivée à Paris en 1936, et ses rencontres avec le marchand d’art Walter Feilchenfeldt et avec Cecil Beaton en 1938, qui va l’aider à décrocher son premier contrat pour l’édition française de Vogue, qu’Erwin Blumenfeld débutera sa carrière de photographe de mode.

Arrêté en 1940 et interné, il parvient à prendre la fuite avec sa famille et rejoint les États-Unis, où il débarque à New York en 1942. Une ville qu’il ne quittera plus. Dans son atelier du 222 Central Park South, il travaille activement sur la photographie couleur, encore peu répandue en Europe mais déjà très utilisée outre-Atlantique pour la publicité, et signe avec Condé Nast, un an après son arrivée, son premier gros contrat.

Dans les vingt années qui vont suivre, les travaux d’Erwin Blumenfeld seront utilisés pour promouvoir les plus grandes marques de luxe, et feront les unes des magazines les plus prestigieux, Vogue et Harper’s Bazaar en tête.

Erwin Blumenfeld 1897-1969, au Jeu de Paume, jusqu’au 26 janvier 2014.

Si vous désirez aller plus loin :

Site officiel de l’exposition
Erwin Blumenfeld, Photographies, dessins et photomontages, le catalogue de l’exposition, aux éditions Hazan. 264 pages. 35,00€.
Erwin Blumenfeld, de Michel Métayer, aux éditions Phaidon. 55 pages. 14,95€.
Papier glacé : Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast, le catalogue de l’exposition (Musée Galliera), aux éditions Thames and Hudson. 294 pages. 50,00€.

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