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« Garry Winogrand », la rétrospective au Musée du Jeu de Paume

D’exposition en exposition, de saison en saison, la galerie du Jeu de Paume s’inscrit comme un lieu incontournable du patrimoine culturel parisien en termes de photographie.

garry winogrand jeu de paumeAprès Erwin Blumenfeld, Eva Besnyö ou encore Diane Arbus, l’établissement des Tuileries présente la première rétrospective depuis vingt-cinq ans du photographe américain Garry Winogrand. Organisée avec le San Francisco Museum of Modern Art et la National Gallery of Art de Washington, l’exposition éponyme rassemble les prises de vues les plus emblématiques de l’artiste, principalement réalisées à New York, mais également un grand nombre de clichés inédits et exposés  pour la première fois.

Considéré comme l’un des maîtres de la street photography, c’est en découvrant le travail de Walker Evans sur les passants du métro de New York au milieu des années 50 que Garry Winogrand débute son étude de « la vie américaine », faisait de la rue son terrain de jeu favori. Le rez-de-chaussée de l’exposition est entièrement consacré à sa période  new-yorkaise, celle où il passera de l’apprentissage au professionnalisme qui le rendra célèbre. De Coney Island au Metropolitan Opera, des aéroports JFK et la Guardia au ferryboat de Liberty Island, des parkings, ascenseurs et halls d’hôtels à la campagne de Richard Nixon, en passant par six photographies présentées au concours annuel des jeunes photographes organisé par le magazine Life, tous ces clichés montrent sa passion pour la rue et la foule.

En 1960, l’Image Gallery de New York lui consacre sa première exposition personnelle, et un an plus tard, le département photographie du MoMA acquiert trois de ses clichés pour les collections du musée.

En 1964, Garry Winogrand reçoit une bourse de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation pour réaliser une « étude photographique de la vie américaine », bourse qu’il obtiendra une seconde fois en 1969 pour son projet sur « la fabrique de l’événement de presse », puis une troisième fois en 1978 « pour photographier en Californie ».

Il embarque alors pour la côté Ouest et réalise durant son périple des milliers de prises de vues des principales villes américaines auxquelles le premier étage rend hommage : Albuquerque, Las Vegas, Castle Rock, Los Angeles et Hollywood avec une photographie de Drew Barrymore aux Oscars 1983, El Paso, Sans Francisco, Malibu, Dallas et le stade du Cotton Bowl, mais aussi des événements majeurs comme le premier lancement d’Appolo 11 à Cape Kennedy, le 50eme anniversaire de Norman Mailer, une soirée électorale aux côtés de Neslon Rockefeller en 1972, des photographies du tournage du film Annie, de John Huston…

Des années 50 aux années 80, entre optimisme populaire et bouleversements politiques et sociétaux, Garry Winogrand, décédé en 1984 à l’âge de 56 ans, laisse un testament artistique riche de plus de 250.000 images réunies sur plus de 6.000 pellicules, dont une grande partie qu’il n’a jamais vu.

Une très belle exposition à découvrir jusqu’au 8 février 2015.

Garry Winogrand au Jeu de Paume, du 14 octobre 2014 au 8 février 2015. Renseignements sur le site du Jeu de Paume.

Si vous désirez aller plus loin :

Garry Winogrand, le catalogue de l’exposition, aux éditions Flammarion. 464 pages. 45,00€.
Garry Winogrand, de Léo Rubinfien, aux éditions Yale University Press. 448 pages. 70,30€.

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