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« Hannah Arendt, exil Atlantique », d’Avner Perez

Echappée du camp français de Gurs où elle était détenue depuis mai 1940, Hannah Arendt arrive à Lisbonne en janvier 1941 avec dans ses bagages le manuscrit philosophique de son ami Walter Benjamin, qui s’est suicidé quelques jours plus tôt dans la ville espagnole de Portbou.

hannah arendt exil atlantique afficheA l’instar de milliers d’autres réfugiés, parias suspects dans leur propre patrie et n’aspirant qu’à devenir des hommes, elle espère gagner l’Amérique. En quête d’un sauf-conduit, billet d’entrée vers le nouveau Monde, Hannah Arendt, exil Atlantique évoque dans des faits pourtant réels la rencontre fictive entre la philosophe et le journaliste et chroniqueur littéraire José Pedro de Azevedo. Par amour pour elle, il joue de ses nombreuses relations, obtenant à la fois le timbre lui assurant une autorisation de séjour de trois mois sur le sol portugais, et lui évitant également un déménagement dans la banlieue lisboète.

Mais ses efforts et ses avances insistantes resteront lettre morte, la jeune femme préférant l’agitation de l’Atlantique – et l’espoir d’une vie meilleure, à la tranquillité du Tage.

De conversations autour de la religion et de la mort à l’évocation douloureuse de la fuite et de la vie dans les camps, Hannah Arendt, exil Atlantique est un spectacle philosophique théâtralisant des moments de pensée et mettant en lumière un épisode assez méconnu de la vie de la philosophe, appuyé de projections vidéos et de mélodies au violon ajoutant encore à la dramaturgie.

Créée en 2000 et jouée dès mars 2001 à l’Institut Français de Lisbonne – Teatro Municipal de Almada, ainsi qu’au théâtre Pierre Tabard en 2006/2007 et au théâtre du Carré Rondelet de Montpellier en 2012/2013, la toute première version comptait sept personnages – Hannah Arendt et José Pedro de Azevedo bien sûr, mais aussi d’autres réfugiés, un curé, un barman… Avner Camus Perez, auteur, metteur en scène et professeur de philosophie à qui l’on doit également une mise en scène d’une adaptation de L’étranger, d’Albert Camus, a depuis décidé de n’aller qu’à l’essentiel en ne se concentrant que sur la rencontre et le dialogue entre les deux protagonistes du récit.

De plus, pour accompagner la pièce, les éditions L’Harmattan publient dans leur collection « Théâtres » les dialogues des trois tableaux actuellement présentés – et ce jusqu’au 31 juillet 2013, au théâtre Thy, dans le cadre du festival d’Avignon.

Hannah Arendt, exil Atlantique, aux éditions L’Harmattan. 66 pages. 10.00€.

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