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« Hollywood », dans les coulisses du plus grand film de tous les temps

Tiré d’une histoire vraie, Hollywood revient sur les cinq journées où le réalisateur Victor Fleming et le scénariste Ben Hecht, enfermés dans le bureau du producteur David O. Selznick, ont offert au septième art sa plus belle histoire d’amour. Action !

HollywoodLos Angeles, 1938. Les studios du producteur David O. Selznick, gendre de Louis B. Mayer, sont en crise. Le tournage d’Autant en emporte le vent, adapté du roman de Margaret Mitchell, est interrompu. George Cukor a été congédié, et l’immobilisme du projet coûte 50.000 dollars par jour aux studios. Le scénario, trop long et incohérent, doit être repris depuis le début.

Débauché du Magicien d’Oz, le réalisateur Victor Fleming est parachuté malgré lui sur le tournage, tandis que Ben Hecht, tout aussi contrarié d’hériter d’une telle tare, se voit quant à lui confier la refonte du scénario. Neuf autres scénaristes l’ont précédé, et pas un n’est parvenu à tirer quelque chose de ce livre lu par le monde entier. Sauf par Ben Hecht ! Peu importe, Selznick et Fleming vont lui jouer les scènes les plus importantes, pour qu’il s’imprègne de l’histoire et en sorte quelque chose.

Enfermés pendant cinq jours et cinq nuits avec pour seule nourriture des bananes et des cacahuètes, les trois hommes passent en revue, avec plus ou moins de liberté, l’incendie d’Atlanta, l’accouchement de Mélanie Hamilton, mais aussi la gifle donnée à Prissy par Scarlett. Une scène d’une seconde, au cœur d’un véritable débat entre les trois hommes. A la veille de la Seconde guerre mondiale, les Etats-Unis – et Los Angeles en particulier – ne comptent plus les immigrés Juifs ayant fui le nazisme européen. Le climat politique en cette fin des années 30 se révèle en effet peu propice à une telle scène.

D’un projet fou en lequel personne ne croyait, ils ont donné naissance à un film mythique.

Ben Hecht n’a pas souhaité voir son nom figurer au générique, ne se contentant que des 20.000 dollars payés par Selznick, tandis que Victor Fleming, qui avait dès le début flairé l’échec du projet, préféra être payé au forfait plutôt qu’au pourcentage. Mauvais choix, puisque Autant en emporte le vent généra près de trois milliards et demi de dollars de bénéfices, et fut récompensé par dix Oscars en février 1940, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. L’Oscar remporté par Hattie Mc Daniel pour son rôle de « Mama », le premier à être décerné à une actrice noire, apaisera quant à lui les polémiques autour de la gifle de Prissy. Elle ne put cependant pas assister à la Première à Atlanta en décembre 1939 en raison des lois raciales.

Hollywood est sans aucun doute LE spectacle de ce début d’année ! Déjantés, jouant à cent à l’heure et à deux doigts de la crise de nerfs, Thierry Fremont, Pierre Cassignard et Emmanuel Patron occupent avec une énergie incroyable l’ensemble d’une scène et d’un décor qui finit ravagé, pour la plus grande joie d’un public qui n’en peut plus de rire. Cette reprise est assurément une vraie réussite.

Hollywood, au théâtre de la Michodière. Réservations sur le site du théâtre de la Michodiere.

Article extrait du magazine Cultures-J de février/mars 2014. Lisez l’article sur le Facebook officiel du théâtre de la Michodière.

Si vous désirez aller plus loin :

Autant en emporte le vent, en DVD.

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