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« Ici ailleurs », la rétrospective de Louis Stettner au Centre Pompidou

Jusqu’au 12 septembre, le Centre Pompidou présente gratuitement une très belle exposition de photographies, Ici ailleurs, première rétrospective de l’artiste américain Louis Stettner.

aubervilliers louis stettner 2Dernier photographe encore en activité à avoir traversé le 20ème siècle, Louis Stettner est né à Brooklyn, en novembre 1922.

Dès les années 30 il s’intéresse à la photographie et étudie à la Photo League de New York avant de rejoindre Paris en 1946, initialement pour une très courte période. « A l’origine, j’étais venu à Paris pour quelques jours seulement. C’était à la fin de l’année 1946. Paris était l’un des foyers des arts et de la créativité. Je m’y suis tellement plu que j’ai décidé d’y rester. […] Paris se relevait à peine de la guerre, la ville était sombre, le sourire des gens encore timide. Il y avait d’ailleurs peu de monde dans les rues, et pas une automobile. »

La capitale française au sortir de la guerre est une source d’inspiration pour le jeune américain, qui y fait une première série dont l’influence n’est pas sans faire penser à Eugène Atget, montrant des rues vides tristes, grises et sans vie. A Paris, Louis Stettner fera la connaissance d’autres photographes tels Robert Doisneau, Willy Ronis, Edouard Boubat ou encore Brassaï.

En 2013, le Centre Pompidou acquiert une trentaine d’œuvres de Louis Stettner. Très vite, le photographe décide de faire de l’emblématique musée du centre de Paris l’écrin de son travail, et fait don à l’établissement d’une centaine de tirages d’époque, don enrichi par sept autres œuvres, dont l’exceptionnelle maquette du projet de livre de 1956, Pepe & Tony, deux pêcheurs d’Ibiza, acquis grâce à la générosité d’Hervé et Etty Jauffret. Faute d’éditeur, ce projet de livre ne verra jamais le jour.

Deux séries sur Paris sont donc présentées sur les cimaises de la galerie de photo, l’une de 1946, la seconde, réalisée entre 1947 et 1951, et dont le chef-d’œuvre, Aubervilliers, a fait le tour du monde.

Les autres séries sont principalement consacrées à New York, avec des clichés tels que Manhattan vue de la promenade de Brooklyn, Soul of New York. 23ème rue, Manhole. Times Square, Texanes sur la 5ème avenue, ou encore les superbes séries Subway et Penn Station, avec Broadway Limited, La femme aux gants blancs, Les joueurs de cartes… « Photographier dans le métro est la première chose que j’ai faite après guerre. J’y allais tous les jours, sur la ligne BMT, qui relie Coney Island à Times Square. Ce qui me fascinait, c’était la possibilité de contempler les autres », confie Louis Stettner à propos de ces travaux.

L’exposition, qui compte une centaine de clichés sur les 211 tirages conservés par le Centre Pompidou, s’achève sur des nus et certaines œuvres de la série Alpilles, datant de 2014.

« Street photograph » humaniste, Ici Ailleurs revient sur une carrière exemplaire de 80 ans, et permet d’appréhender les mille et une facettes de ce très grand photographe qu’est Louis Stettner.

Ici ailleurs, au Centre Pompidou, du 15 juin au 12 septembre. Plus d’infos sur le site du Centre Pompidou.

Louis Stettner : Ici ailleurs, le catalogue de l’exposition, aux éditions Xavier Barral. 160 pages. 39,00€.

Si vous désirez aller plus loin :

Sous le ciel de Paris, aux éditions Parigramme. 14,00€.
Penn Station, New York, aux éditions Thames & Hudson (en anglais). 112 pages. 58,00€.

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