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« J’accuse », au Petit Hebertot

Considéré comme l’un des principaux conflits sociaux et politiques de la fin du XIXème siècle, l’affaire Dreyfus dura douze années, et divisa la société française comme rarement auparavant.

j'accuseAccusé de trahison pour avoir livré à l’Allemagne des documents secrets, le capitaine Alfred Dreyfus est condamné en 1894 au bagne à perpétuité, et déporté sur l’ile du Diable, au large des côtes de Guyane.

Tout comme la famille Dreyfus, Georges Clemenceau, alors journaliste, et Emile Zola sont convaincus de son innocence. Lorsqu’en janvier 1895, la plainte déposée à l’encontre de Walsin Estherazy, véritable coupable déjà connu de nombreuses personnalités officielles, donne lieu à un acquittement, Zola décide d’attaquer fort ! Si ses précédents articles n’ont eu que peu d’effet, son J’Accuse, véritable manifeste au service de la vérité et de la défense publié le 13 janvier dans “L’Aurore”, provoquera un séisme dans tout le pays.

Conscient du risque qu’il prends, rien n’éloignera cependant Zola de ses convictions les plus profondes. Accusé de diffamation publique, il est jugé le mois suivant, reconnu coupable, et condamné à s’exiler à Londres.

Mais J’Accuse ne sera pas resté sans effet. Si des points positifs peuvent en être tirés – de nouveaux doutes s’installent dans les consciences, de nouveaux éléments sont mis à jour, des émeutes antisémites éclatent cependant dans de nombreuses villes de France, contraignant l’Etat à réviser le procès pour tenter d’apaiser l’opinion.

Gracié par le président Loubet en 1906, Alfred Dreyfus sera finalement innocenté, réhabilité et réintégré dans l’armée au grade de commandant, grade sous lequel il combattra pour la France lors de la Première guerre mondiale.

Emile Zola mourra mystérieusement en 1902, le lendemain de son retour à Paris, d’intoxication au gaz carbonique tandis qu’Alfred Dreyfus s’éteindra en 1935, âgé de 76 ans.

Dans une mise en scène entre ombre et lumière, passant du bureau du domicile de Zola à la rédaction de L’Aurore où il dicte son manifeste, Bérengère Dautun et Yvan Varco, d’une ressemblance saisissante, nous replongent au coeur même de l’Histoire, dans une interprétation criante de vérité. Une pièce à la fois utile et agréable.

Tarifs, horaires et réservations sur le site du théâtre du Petit Hebertot.

Si vous désirez aller plus loin :

J’accuse ! : Et autres textes sur l’affaire Dreyfus, dans la collection Librio.
– L’affaire Dreyfus, de Vincent Duclert.
– Dreyfus l’intolérable vérité, le DVD avec Jean-Claude Brialy.

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