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« Kiki. Le Montparnasse des Années Folles », au théâtre de la Huchette

Actuellement et jusque fin août, le théâtre de la Huchette, à deux pas de Notre-Dame, présente le spectacle Kiki. Le Montparnasse des Années Folles.

kiki montparnasse annes folles milena marinelliBien plus qu’une plongée au cœur de ce palpitant quartier, temple de la peinture moderne, qu’était le Montparnasse de l’entre-deux-guerres, la fameuse Kiki, figure incontournable de l’époque, entraine les spectateurs dans un tourbillon d’insouciance et d’anecdotes liées aux plus grands artistes de l’Ecole de Paris dont elle fut l’égérie.

Elevée par sa grand-mère dans une grande pauvreté, Alice Prin quitte sa ville de Chatillon-sur-Seine et rejoint sa mère Marie dans la capitale à l’âge de 12 ans. Après plusieurs petits boulots et des soirées à chanter dans les bars, elle pose nue pour un sculpteur. Là où elle gagnait 20 francs par mois en tant que vendeuse dans une boulangerie, se dénuder lui rapporte 5 francs pour trois heures de travail. Outrée par sa nouvelle activité, sa mère la chasse.

A la rue, affamée, la jeune Alice est recueillie par le peintre ‘Haïm Soutine qui, pour la réchauffer, brûle ses meubles, ne gardant qu’un lit et un fauteuil, et se met à fréquenter les hauts-lieux du Montparnasse artistique : le Vavin, le Dôme, ou encore la Rotonde dont l’accès à la Grande Salle n’était réservé qu’aux femmes couvertes d’un chapeau, ce qui lui fera dire : « J’aurais été capable de mettre mon cul sur ma tête pour avoir mes entrées à la Rotonde ».

Elle rencontre Maurice Mendjisky, de qui elle partagera la vie quelques temps, et qui la rebaptise Aliki. Alice devient Aliki, Aliki devient Kiki

Elle passe des soirées chez Modigliani qui la peint, pose également pour Utrillo, Fernand Léger, Alexander Calder, Kris van Dongen, Foujita sans oublier Man Ray, qui l’immortalisera dans son célèbre Violon d’Ingres, nue, ajoutant deux ouïes de violon à son dos, rencontre Hemingway qui lui apprends la recette du Mojito, mais aussi Tristan Tzara, Francis Picabia, André Breton, Jean Cocteau, Max Ernst…

Kiki, égérie de l’Ecole de Paris, muse, élue « Reine de Montparnasse », rédige ses mémoires, Souvenirs, à l’âge de 27 ans, préfacées par Hemingway et Foujita.

Mais le krach boursier d’octobre 1929 mettra un terme à l’insouciance.

Kiki. Le Montparnasse des Années Folles est bien plus qu’un simple spectacle, c’est une immersion passionnante dans l’Histoire et dans l’histoire de l’art où faim et survie côtoient les heures artistiques les plus glorieuses du début du 20ème siècle.

Ponctué de chansons grinçantes accompagnées au piano par Ariane Cadier, enrichi de projections d’œuvres de Foujita, de Modigliani ou de Man Ray, Kiki. Le Montparnasse des Années Folles est mené par Milena Marinelli incarnant une Kiki plus vraie que nature. On pourra cependant regretter les quelques allusions contemporaines qui, bien que rares, font trop subitement basculer le spectacle de la magie des années 30 à la réalité de 2015.

Un spectacle à voir !

Kiki. Le Montparnasse des Années Folles, actuellement au théâtre de la Huchette. Plus d’infos sur le site du théâtre de la Huchette.

Si vous désirez aller plus loin :

Kiki. Souvenirs retrouvés, aux éditions José Corti. 319 pages. 20,00€.
Kiki de Montparnasse, de Catel et José-Louis Bocquet, aux éditions Casterman. 374 pages. 20,00€
Montparnasse : L’âge d’or, de Jean-Paul Caracalla, aux éditions La Table Ronde. 176 pages. 7,10€.
Montparnasse, les lieux de légende, d’Olivier Renault, aux éditions Parigramme. 208 pages. 19,90€.
Paris Années Folles, aux éditions Parigramme. 128 pages. 9,90€.

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