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« La maison de Petichet », le nouveau roman d’Evelyne Dress

La maison de Petichet, le nouveau roman d’Evelyne Dress, met en avant dans son titre le lieu principal de l’intrigue. C’est en effet le décor dans lequel se passent les étés d’Alma et de sa sœur Jessica, une maison familiale près de Grenoble où leurs grand-parents se sont installés après la guerre.

L’endroit est doté d’une grande charge affective, et le récit retrace la vie d’une famille juive d’après-guerre, avec son désir de vivre mais aussi ses traumatismes et ses angoisses.

C’est le lieu-refuge où ils furent protégés et sauvés durant l’Occupation. La maison, « Villa Regina », évolue au fil du temps et se trouve toujours en accord avec ses habitants, ce qui n’empêche personne d’avoir sa propre perception des choses en fonction de ce qui lui est donné d’y vivre.

Pour Alma, la narratrice, c’est le lieu de l’amour destructeur, car impossible, sur lequel se cristallisera de façon maladive tout son désir. L’ambivalence de Jacques à son égard et la proximité d’Alma avec l’épouse que ce dernier choisira ne lui permettra pas de faire le deuil de sa passion. Dans un combat entre fuites et éloignement, elle traversera des périodes où elle fera tout pour le posséder, quitte à trahir tous ceux qu’elle aime et à détruire des vies, dont la sienne.

Si Alma partage avec le lecteur les détails de sa vie sexuelle et les émotions que lui apportent son intimité, le roman ne s’arrête pas là et est également rempli par la vie des différents membres de la famille, comme lors du mariage très tendu de Jessica, dans une église rassemblant les familles juives et chrétiennes des mariés. Et comme dans le conte Les habits neufs de l’empereur, c’est à un enfant qu’il revient d’exprimer à voix haute ce qui est tu. Il est le porte-parole gênant qui rappelle les lois juives, alors que tous s’emploient à suivre l’étiquette imposée par la cérémonie.

Ainsi, entre tensions et humour, puisant dans ses souvenirs d’enfance, Evelyne Dress attire le lecteur dans les liens complexes qui peuvent exister entre deux sœurs.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

La maison de Petichet, d’Evelyne Dress, au éditions Glyphe. 220 pages. 16,00€.

Si vous désirez aller plus loin :

Les chemins de Garwolin, d’Evelyne Dress, aux éditions Glyphe. 280 pages. 18,00€.

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