Et aussi sur Cultures-J.com

« La maison des souvenirs et de l’oubli », de Filip David

Dans La Maison des souvenirs et de l’oubli, Filip David, né en 1940 en Serbie, donne la parole à différentes personnes en mêlant au récit un accès à divers documents concernant leur histoire, que ce soit journal intime, rapport, articles ou lettres.

L’auteur aborde les thèmes de la Mémoire et de l’oubli, mais aussi celui du mal. Cela commence à propos de la réalité de la « banalité du mal » d’Hanna Harendt. De là résulte que cette assertion a l’immense mérite de permettre le sommeil à la philosophe. Mais à travers les expériences de vie de ses personnages Filip David positionne plutôt le mal comme une force extérieure à l’être humain.

Il n’est pas obligatoire et a un pouvoir destructeur tant pour celui qui le subit que pour celui qui l’exerce. Les personnages du livre sont présents comme derniers témoins de l’horreur de la Shoah. S’ils sont en effet déjà avancés en âge, ils n’en demeurent pas moins les plus jeunes de ces témoins car ils n’ont connus la guerre que comme enfants, chacun avec son histoire unique et souvent ses remords de n’avoir pu empêcher la destruction de leurs proches.

Ils se rassemblent pour essayer de comprendre cette flambée de mal qui frappa leur famille. Ceci d’autant plus que pour certains, l’antisémitisme fut leur premier lien avec leur judéité. Ainsi, si les histoires des quatre personnages principaux apparaissent au fil du livre, la rupture liée à la Shoah domine celles-ci et fait que, quelle que soit la conscience qu’ils aient eu de celle-ci, seule cette période est racontée. Et de ce qui pourrait remplir leur vie est uniquement évoqué ce qui ramène à cette époque et aux disparus.

De façon inattendue, malgré l’horreur des souvenirs, La maison des souvenirs et de l’oubli indique qu’il semblerait qu’ils les préfèrent à l’oubli.

A la suite de ce magnifique texte, Marc-Alain Ouaknin, dans une postface, situe le texte par rapport à la littérature juive et allemande et l’explique comme pour l’histoire de Shabbataï Tsevi, dont il est question dans le livre.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

La maison des souvenirs et de l’oubli, de Filip David, aux éditions Viviane Hamy. 196 pages. 18,00€.

Incoming search terms:

  • la maison des souvenirs 1987 film

Partagez vos impressions

Cet article vous intéresse ? Laissez un commentaire.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.