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« La traversée du Sambatyon », le premier roman de Victoria Klem

Pour son premier roman, Victoria Klem a choisi d’aborder un thème ô combien universel : la fin de vie. « Parce que tout ce qui vit doit mourir un jour »

L’écriture lui a permis de livrer ses sentiments les plus profonds sur la famille, la religion, tout simplement sur le sens de la vie.

Dans une clinique, toute la famille est réunie autour de celui qui quitte tout doucement ce monde : Bob, Bobby, Papy, Papinou a reçu l’annonce de sa maladie comme un coup de poing, une injustice, et désormais tous savent que ses jours sont comptés.

Durant une semaine, ils sont à son chevet, bien décidés à l’accompagner malgré la douleur et le chagrin : Betty, sa Douce, sa femme adorée, son alter ego, Emma sa fille, Vanessa et Julie, ses petits-filles et Maxence, son petit-fils et… kinésithérapeute.

Au sein de cette famille juive, toutes les sensibilités s’expriment : de la plus libérale (Emma) à la plus pratiquante (Julie, qui vit en Israël), chacune des femmes de la famille a tissé un lien particulier avec Bob. Maxence semble plus en retrait mais sa peine n’est pas moindre.

Endormi grâce aux médicaments, Bob entend chacun d’eux ; ses pensées nous sont dévoilées en italique dans le roman. L’auteur redonne voix à celui qui s’apprête à quitter sa famille tant aimée.

Pendant sept jours, ils vont vivre à son rythme, sous le regard bienveillant  du personnel soignant particulièrement attentif : malgré le caractère dramatique de la situation, des moments festifs et joyeux ponctuent la semaine (le kiddoush du shabbat, la lectures des poèmes de Vanessa, etc..).

La « loi Léonetti », relative aux droits des malades et à la fin de vie, nous rappelle que « le droit français exclut l’acharnement thérapeutique mais condamne l’euthanasie dite active ».

La famille de Bob, également confrontée à la loi juive, la halakha, vit ce huis-clos familial à la fois dans la réflexion et la douleur mais surtout dans l’amour.

Le Sambatyon, mentionné dans le Talmud, est ce fleuve légendaire de la mythologie juive qui sépare les vivants des morts : « Ce n’est qu’à la venue du Messie, c’est-à-dire à la fin des temps, que les Juifs pourront le traverser pour se retrouver ».

C’est cette traversée que nous raconte Victoria Klem dans ce premier roman juste et touchant, pré-sélectionné pour le Prix Wizo 2017.

Patricia DRAI pour Cultures J. com.

La traversée du Sambatyon, de Victoria Klem, aux éditions Sépia. 182 pages. 17,00€.

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