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« Le siècle d’or de l’Espagne. Apogée et déclin », de Michèle Escamilla

Dans Le siècle d’or de l’Espagne. Apogée et déclin. 1492-1598, Michèle Escamilla retrace une partie de l’histoire d’Espagne qui débute en l’année tristement célèbre : 1492. Les frontières et les idéaux étaient alors fort différents de ceux d’aujourd’hui.

le siecle d'or de l'espagne apogee et declin michele escamillaL’histoire commence sous le règne de Ferdinand et Isabelle la Catholique. Après de belles années, voici que pointent à l’horizon épreuves et deuils. Ceux-ci entraînent l’arrivée au pouvoir de Charles Quint qui très jeune devient à la fois roi d’Espagne et empereur du Saint Empire Romain Germanique.

Nous entrons ainsi dans une fantastique histoire de l’Europe avec ses rivalités et ses aspirations. L’Amérique vient d’être découverte, la reconquista est encore dans les esprits. Les relations avec la France sont mauvaises. François Ier et Charles Quint non seulement dominent l’Europe mais de plus, ils convoitent les mêmes territoires. Le Pape joue un rôle important. Il allie pouvoir spirituel et temporel.

D’un autre côté les Ottomans menacent. Ils sont d’autant plus puissants qu’en accueillant une partie des Juifs expulsés d’Espagne en 1492, ils ont aussi accueilli leur compétences et savoir-faire dans divers domaines, dont l’artillerie.

L’Eglise connaît ses premiers déchirements avec Luther en Allemagne, y fragilisant le pouvoir de Charles Quint.

Puis Philippe II succède à son père. Les tensions commencent à s’apaiser avec quelques victoires et mariages. Si l’Angleterre amie finit par devenir ennemie, la France, vaincue, devient moins hostile grâce à un double mariage et à ses difficultés à la suite de l’apparition du protestantisme dans son pays et des guerres internes que cela déclenche. En Allemagne les déchirements se sont apaisés. Mais les Flandres se soulèvent pour mille raisons, qu’elles soient sociales, économiques ou religieuses. Le Portugal entre dans l’empire. L’affrontement avec l’Angleterre fut violent pour les deux flottes.

L’empire colonial est aussi évoqué.

L’Espagne ressort ruinée de ces deux longs règnes occupés par la guerre et ne s’en relèvera jamais vraiment.

Le récit nous entraîne ainsi d’un pays à l’autre, à travers les terres, et à travers les mers. Ainsi le lecteur voyage dans le temps et dans l’espace d’un cours à l’autre, d’une flotte à l’autre et bien sûr d’une armée à l’autre.  Il permet aussi de voir l’histoire européenne par un prisme différent. Il apporte aussi un éclairage sur  divers écrivains espagnols tel Cervantès, replacés dans leurs contextes.

Un ouvrage d’une grande richesse qui cultive et dépayse.

Le siècle d’or de l’Espagne. Apogée et déclin. 1492-1598, de Michèle Escamilla, aux éditions Tallandier. 848 pages. 29,90€.

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