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Les arts sous l’Occupation : 3/5. Spoliation et sauvetage

Et les possessions juives partirent pour l’Allemagne. Ce fut l’époque de la récupération des œuvres d’art, des livres et  des meubles des particuliers Juifs. Leurs biens furent spoliés au profit des nazis.

Pour certains, comme les Reinach, enfants du Comte de Camondo, ce fut au prix de leur vie. Il ne s’agit malheureusement ni d’un fait isolé ni d’un accident. La spoliation fut organisée et commença par le recensement des collections juives à partir du 30 juin 1940. Les œuvres sont confisquées avec l’aide de la police française à partir d’octobre de la même année et jusqu’à la fin de l’année 1941.

La vie culturelle dans la France occupée, chez Découvertes Gallimard, signale que le pillage concerne près de 80 collections. Entre celles des marchands d’art Juifs tels Paul Rosenberg, Bernheim-Jeune ou encore Seligmann, et celles privées appartenant aux Rothschild ou à Albert Kahn pour ne citer qu’eux, c’est une véritable fortune qui s’envole, et dont le principal bénéficiaire est Hermann Göring.

Les musées eux-aussi furent pillés, mais certains d’entre eux, le Louvre par exemple, furent vidés de leurs œuvres avant l’Occupation. Ces dernières furent cachées dans divers endroits éloignés de la capitale, comme aux châteaux de Chambord ou de Valençay dont les caves abritèrent entre autres la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace.

Les américains aidèrent à récupérer une partie des œuvres volées tandis que dans le mê temps, la Résistance française arrêta un train qui cherchait à quitter Paris avec une partie du capital artistique du pays.

Un autre sauvetage fut celui d’artistes, accompli par l’Américain Fry à partir du 14 août 1940. Il devait passer un mois ou deux en France pour sauver 200 artistes Juifs. Il y resta deux ans et en sauva plus de 2.000 ! Pour lui, l’enjeu était de permettre à des gens qui, sans le savoir, l’avaient aidé par leur œuvre à continuer à produire. C’était également un moyen de les aider à son tour, même si tous n’acceptèrent pas sa proposition.

Il serait injuste de ne pas signaler également la solidarité qu’il y eut vis-à-vis des artistes Juifs en France, ce qui ne leur évita pas toujours la mort. Cependant, plusieurs personnalités du monde des arts et des spectacles leur permirent de subsister et/ou de se cacher.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

Merci aux éditions les Arènes, Découvertes Gallimard, Plon et L’Harmattan pour leur contribution à la rédaction de cet article. Vous pouvez retrouver les ouvrages qui ont été utilisés ci-dessous :

– Paroles de l’ombre 2. Poèmes, tracts, journaux, chansons des Français sous l’Occupation, de Jean-Pierre Guéno et Jérôme Pecnard, aux éditions les Arènes. 112 pages. 34,80€. Un livre très visuel et tactile qui permet de comparer écrits de la Résistance et de la Collaboration, et de tenir entre ses mains fac-similés de document de l’époque.
– La vie culturelle dans la France occupée, d’Olivier Barrot et Raymond Chirat, aux éditions Découvertes Gallimard. 160 pages. 15,50€. Permet de par son format compact et pratique d’avoir un résumé complet, illustré et synthétique.
– Et la fête continue, d’Alan Riding, aux éditions Plon. 437 pages. 24,50€. Un ouvrage très complet qui traite des arts et du spectacle durant l’Occupation, tout en les replaçant dans l’Histoire, ce qui permet de mieux comprendre.
– Jazz et société sous l’Occupation, de Gérard Regnier, aux éditions L’Harmattan. 300 pages. 28,00€. Ce livre met en lumière toutes les subtilités des différentes sortes de jazz afin de bien appréhender cette époque à-travers lui.

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