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« Lettre d’une inconnue », de Stefan Zweig, avec Laetitia Lebacq

Œuvre-majeure de Stefan Zweig, Lettre d’une inconnue est actuellement présenté sur les planches du théâtre A la Folie Théâtre, dans le 11ème arrondissement de Paris.

lettre-d-une-inconnue-a-la-folie-theatre-laetitia-lebacq-affichePublié en 1922 et premier best-seller de l’auteur autrichien, cette nouvelle raconte l’histoire de Monsieur R., célèbre écrivain, qui découvre en rentrant chez lui la lettre d’une inconnue qui va lui révéler un terrible secret.

La lumière se tamise, le rideau s’ouvre, et le décor apparaît, dévoilant sur la scène deux univers. Celui d’une chambre tout d’abord, où assise à un petit pupitre, l’inconnue s’atèle à sa missive, une plume rouge à la main, couleur de la passion. De « sa » passion. Puis l’univers d’un salon ensuite, meublé d’un fauteuil et d’un bureau, et dont le sol et les murs sont couverts de cadres, et d’une toile de Gustav Klimt, comme pour mieux rappeler au spectateur qu’ici, nous sommes à Vienne.

Les premières paroles de l’inconnue sont récitées de concert avec une voix masculine. Celle de Monsieur R. sans doute, lisant la lettre au fil de sa rédaction.

Si dans les premiers temps, le récit est baigné d’innocence, très rapidement, les heures, les mois, les années qui passent lui confèrent une toute autre dimension, cédant la place à la colère lorsque, par exemple, la jeune fille apprend que la famille quitte Vienne le lendemain pour Innsbruck. Armée d’une lampe-torche, substitut moderne à la classique bougie, elle fait alors déferler autour d’elle, dans un accès de rage, un déluge de jets de lumière, comme autant d’éclairs dans un ciel d’orage.

Les chuchotements deviennent des cris, l’amour de la folie, de la dépendance.

Et quand enfin la sérénité se fait de nouveau jour, c’est sous la forme d’une plume, blanche cette fois-ci, la couleur de la sérénité d’avoir, enfin, tout raconté.

Avec une énergie et une dynamisme débordants, Laetitia Lebacq mène ce seule en scène passionné et passionnant à des limites jusque-là rarement atteintes. L’amour et la haine n’ont jamais été si proches. Toutes les émotions y sont sublimées, de la passion à la douleur, en passant par la jalousie, la confidence, l’euphorie, la sensualité, l’amertume, l’humiliation… Une prestation éblouissante !

Quant au metteur en scène, Denis Lefrançois, qui confie être « ému jusqu’aux larmes » à chacune de ses lectures de Lettre d’une inconnue, il signe pour cette adaptation une mise en scène résolument moderne et parfaitement réussie, mêlant musique, danse et projections vidéo qui accentuent à la fois le drame et la modernité, et invitent le spectateur à dépasser la passivité de la lecture.

Pari réussi ! Rien d’étonnant donc que le public soit débout à la fin du spectacle, pour une standing ovation amplement mérité, et qui les bouleverse visiblement tout autant que l’ont été les spectateurs.

S’il est un rendez-vous à ne pas manquer en cette rentrée, c’est bien celui-ci. Magistral !

Lettre d’une inconnue, à la Folie Théâtre jusqu’au 6 novembre. Infos et réservations sur theatreonline.com.

Si vous désirez aller plus loin :

Lettre d’une inconnue, , de Stefan Zweig, aux éditions Robert Laffont. 96 pages. 3,00€.

2 commentaires sur « Lettre d’une inconnue », de Stefan Zweig, avec Laetitia Lebacq

  1. Une version innovante en comparaison avec les représentions passées.
    La comédienne est incroyable ! Quel talent !!!
    Une vraie performance A voir d’urgence !!!

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