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« New York la juive » : 6. La Neue Galerie, un écrin pour Adèle Bloch-Bauer

Au 1048, à deux blocs du Guggenheim, l’ancien hôtel particulier de style Louis XIII de Grace Vanderbilt, qui abrita également la branche new-yorkaise du centre de recherche sur la langue yiddish, est considéré comme l’un des plus beaux immeubles de la 5ème avenue.

Depuis 1994, et son rachat par Serge Sabarsky et Donald Lauder, fils d’Estée Lauder, qui ordonnèrent aussitôt sa complète restauration, il abrite la Neue Galerie, exposant des chefs-d’œuvre allemands et autrichiens allant de 1890 à 1940.

Dans le cadre d’une exposition temporaire, une salle est consacrée aux nus expressionnistes de Schiele, Kokoschka, Klimt, Nolde, Kirchner, et une seconde, permanente, aux arts décoratifs avec du mobilier ou des bijoux signés Hoffmann ou Moser, comprenant aussi de l’argenterie de table, services à café, miroirs, etc.

Pièce-maîtresse du musée, dominant de tout son éclat la salle principale du premier étage, côtoyant des horloges d’Adolf Loos, de Joseph Urban ou de Hans Prutscher, le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer est un monument à la gloire de la beauté féminine.

Réalisé en trois années et rendu célèbre récemment dans le superbe film de Simon Curtis, La femme au tableau, ce chef-d’œuvre de Gustav Klimt, chef de file de la Sécession viennoise, a été acheté en 2006 par Donald Lauder pour la Neue Galerie pour la somme de… 135 millions de dollars, devenant le 7ème tableau le plus cher du monde derrière Les joueurs de cartes de Cézanne ou Le rêve de Picasso.

Peint à l’huile et rehaussé d’or et d’argent, summum de l’Art Nouveau, Gustav Klimt s’est inspiré de mosaïques italiennes pour réaliser cette commande de Ferdinand Bloch-Bauer, un riche industriel autrichien. Au cœur d’un bras de fer judiciaire opposant Maria Altmann, nièce et héritière d’Adèle Bloch-Bauer, et la galerie du Belvédère à Vienne, cette superbe toile, spoliée par le régime nazi, est aujourd’hui une des œuvres d’art les plus connues au monde.

Deux autres toiles de Klimt ornent également les cimaises de cette même salle, La danseuse, et Femme au chapeau au noir.

A noter, jusqu’au 13 juin 2016, une très belle exposition temporaire, Munch et l’Expressionnisme, organisée par la Neue Galerie et le Munch Museum d’Oslo, est présentée au dernier étage du musée. Le travail de l’artiste norvégien est mis en regard de celui d’autres artistes tels Emil Nolde, Erich Eckel, Kirchner, Oskar Kokoshka, ou encore Egon Schiele ou Max Beckmann. Munch paiera lui aussi le prix de la politique nazie puisque 82 de ses œuvres seront confisquées et retirées des musées allemands en 1937.

Pour plus d’informations sur le Neue Galerie, visitez le site officiel.

Si vous désirez aller plus loin :

– L’ABCdaire de Klimt, aux éditions Flammarion. 120 pages. 3,95€.
– Au temps de Klimt : La Sécession à Vienne, collectif, aux éditions Pinacothèque de Paris. 230 pages. 45,00€.
– Gustav Klimt, Oskar Kokoschka, Egon Schiele : Un monde crépusculaire, de Jean-Jacques Leveque, aux éditions ACR. 216 pages. 14,90€.
– Klimt, dessins et aquarelles, collectif, aux éditions Hazan. 400 pages. 25,00€.
– La femme au tableau, de Simon Curtis. DVD. 105 minutes.

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