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« Requiem pour un ashkénaze », de Colette Piat

Si naitre en septembre 1936 n’était pas chose aisée, elle l’est encore moins lorsque le nouveau-né se nomme Isaac Bernstein.

requiem pour un ashkenazeComme des millions de Juifs européens en cette période troublée, les parents du jeune garçon prennent la route des camps. Tentant d’épargner de l’enfer leur progéniture en la confiant à des amis, ils se heurtent inlassablement à de virulents refus. Qui serait en effet suffisamment inconscient pour garder chez soi cette « grenade dégoupillée » en pleine France occupée ?

« Rebaptisé » Bernard Lepois, le jeune garçon trouvera finalement refuge chez les sœurs du Sacré Cœur du Kremlin, qui le cacheront et se chargeront de son éducation durant tout le conflit. Mais en 1946, Sarah, la tante du jeune « Bernard », rare rescapée des camps de la mort, décide de le récupérer et de l’élever avec son époux.

Au fil des 280 pages qui composent Requiem pour Ashkénaze, Colette Piat nous plonge dans près d’un demi-siècle de la vie d’un homme, s’étalant du sortir de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, brossant les incontournables évènements historiques que furent la Guerre d’Algérie, celle des Six Jours et la libération de la vieille ville de Jérusalem, les manifestations de mai 68, etc.

Immergé dans le quotidien d’Isaac/Bernard, le lecteur vit avec lui ses joies – première expérience sexuelle, rencontre de Josette, qui deviendra son épouse après un processus de conversion qui était loin d’être acquis, naissance de leur fille Marie, premier voyage dans le cadre biblique de la Terre d’Israël, mais aussi ses peines – séparation et divorce, bataille pour la garde de leur enfant, etc.

Plus qu’un simple « roman », Requiem pour un Ashkénaze est avant tout un plaidoyer dans lequel l’auteure s’élève contre la disparition programmée du judaïsme « républicain », mis à mal depuis des décennies tant par la montée du communautarisme et de l’extrémisme que par l’antisémitisme avec lequel les Juifs de France sont contraint de composer.

Requiem pour un Ashkénaze, de Colette Piat, aux éditions Atlande. 280 pages. 15.00€.

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