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« Revenir du silence », le livre-témoignage de Michèle Sarde

Revenir du silence débute à Salonique avec l’histoire de la famille Benveniste, famille maternelle de Michèle Sarde, l’auteure.

revenir-du-silence-michele-sardeAlors que les blessures du départ de l’Espagne, 400 ans plus tôt, ne sont pas entièrement cicatrisées, la famille doit repartir en exil. La mère de Michèle quitte sa Salonique natale pour Paris.

Elle a cinq ans et laissera le prénom de Janja pour celui de Jenny. Tout est mis en œuvre pour que tous se fondent dans le paysage parisien, sans pour autant renier leur judaïsme. La famille est très engagée à la synagogue et dans la loge de la B’nai B’rith.

L’heure est aussi à l’insouciance, à la fête, pendant que l’antisémitisme commence déjà à se faire sentir et que le temps est compté.

C’est au cercle séfarade que les parents de Michèle se rencontrent. Le père, Jacques, vient de Bulgarie. L’histoire de l’Europe va les obliger à chercher refuge d’un lieu à l’autre. Leurs familles sont très cosmopolites.

Selon les époques, certains, grâce à leur passeport, seront plus à l’abri, protégés par leur nation d’appartenance, alors que d’autres moins. L’heure est à la fuite pour la survie, parfois seuls, parfois avec d’autres familles.

Ainsi, Michèle naît en Bretagne en pleine guerre. Leur odyssée est relatée jusqu’à ce qu’arrivent la joie et l’exaltation de la Libération. La vie va pouvoir reprendre son court dès que les prisonniers seront revenus, ainsi que ceux qui se sont réfugiés à l’intérieur d’autres frontières. Mais là, quel choc ! La découverte du sort des amis et parents ayant été arrêtés est rude. Il aboutit au silence. Jenny ne veut pas que sa fille risque de vivre cela. Elle cherche à la protéger. Elle la veut comme les autres : française et catholique.

Revenir du silence est à la fois bouleversant et éclairant. L’ambiance des différents lieux et époques est très bien traduite. Elle montre bien le traumatisme de la prise de conscience de ce que fut la Shoah sur une famille bien intégrée à la fois dans son pays, et dans sa communauté religieuse.

Il redit aussi l’injustice de certaines situations où des collaborateurs notoires s’en sortent et met des mots sur le contenu d’un long silence.

Michèle Sarde signe là un témoignage à la fois très complet et envoûtant.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

Revenir du silence, de Michèle Sarde, aux éditions Julliard. 416 pages. 21,50€.

Si vous désirez aller plus loin :

Salonique : ville juive, ville ottomane, ville grecque, d’Esther Benbassa, aux éditions CNRS. 193 pages. 15,00€.
Histoire des juifs sépharades : de Tolède à Salonique, d’Esther Benbasse et Aron Rodrigue, aux éditions Seuil. 468 pages. 11,20€.

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