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« Rondo » d’Olivier Van Malderghem

Simon et son grand-père Abraham sont réfugiés en Angleterre, pendant la Seconde guerre mondiale. Tous deux sont Juifs, mais aucun d’entre eux ne s’accorde avec l’autre sur ce que cela signifie.

rondoC’est d’ailleurs un de leurs nombreux points de discorde : ils ne s’entendent pas sur grand-chose. Quand ils apprennent l’Holocauste, et donc la disparition probable de leurs proches, ils oublient leurs querelles et tentent d’unir leurs forces. Il faut désormais faire face à cette réalité insupportable.

Bruxelles, été 1942. Après trois ans d’occupation allemande et de persécutions antisémites, les déportations massives commencent. Lors d’une rafle, Joseph Miller est arrêté et déporté sous les yeux de son fils, Simon. Celui-ci réussit à fuir. Il est pris en charge par la résistance et envoyé en Angleterre, dans une ferme. Ses propriétaires sont des amis d’Abraham, son grand-père maternel, qui vit à Londres depuis dix ans, et leur rend parfois visite… sans toutefois beaucoup s’intéresser à son petit-fils.

Entre-temps, les mauvaises nouvelles filtrent du continent. Les Juifs évacués « dans l’Est », c’est-à-dire en Pologne, y seraient exterminés… Son père, Joseph, est sans doute mort. Simon est désespéré. Abraham, quant à lui, ne croit pas un mot de ces « rumeurs ». D.ieu est l’ami du peuple Juif, il ne l’abandonnera pas.

La guerre touche à sa fin. Simon et Abraham retournent vers Londres. Suite à un bombardement, ils sont laissés à eux-mêmes dans les faubourgs de la ville. Abraham rencontre un porteur de nouvelles qui le confronte à des photographies prises à la libération des camps. Abraham ne peut, désormais, mettre en doute le génocide des Juifs… Il n’a sans doute plus d’autre famille que Simon, qu’il a traité de manière souvent très dure. Désormais, Abraham n’est plus l’homme inflexible que connaissait Simon. C’est une personne fragile et désespérée, qui rejette ce D.ieu et ses croyances anciennes. Lui et Simon se découvrent alors une complicité. Abraham, âgé et fatigué, se laisser guider par son petit-fils, comme un enfant. Il lâche prise, se laisse mourir… Simon l’assiste.

Trois ans auparavant, il ne connaissait même pas son existence. Désormais, il est son seul soutien.

Rondo, d’Olivier Van Maldreghem. Avec Jean-Pierre Marielle, Julien Frison, Aurore Clément. En salles le 28 mars 2012.

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