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« Souvenirs combatifs d’un Juif français né en Algérie », de Jean-Jacques Benayoun

Né en 1940, fils et petit-fils de Juifs algériens, les premières années de Jean-Jacques Benayoun sont rythmées par les fêtes et les célébrations religieuses de la communauté de Tlemcen, qui vit alors en parfait harmonie avec ses voisins musulmans.

souvenirs combatifs d un juif francais ne en algerie jean jacques benayounMais en 1948, la création de l’Etat d’Israël va changer la donne et voir naitre  d’importantes divisions qui attiseront le sentiment antisémite, encore exacerbé à partir de 1954 lorsqu’apparaitront les prémices de ce qui allait devenir la Guerre d’Algérie. En tant que français, un million de personnes deviennent alors des ennemis, les Juifs en tête. Attentats, règlements de compte et vengeance rythment alors le quotidien de Tlemcen et de tout le pays dans lequel règne désormais une profonde insécurité.

Agé de 14 ans, en proie à la méchanceté et à la violence de ses camarades, Jean-Jacques est contraint de quitter l’école tandis que le boycott des sociétés françaises oblige Henri, son père, à fermer son imprimerie.

1962 marque le grand départ vers une métropole inconnue. Après avoir débarqué à Marseille, il gagne paris et se passionne pour la photographie. Un travail qui le mènera au plus près des stars de l’époque, qu’il immortalise dans les stations balnéaires de Normandie ou de la Côte d’Azur, mais qui lui permettra également de faire la connaissance de Michèle, qui deviendra sa femme et la mère de ses quatre enfants.

Après un mariage discret et rapide devant six personnes – sa belle-mère voit d’un mauvais œil l’arrivée d’un Juif dans la famille, qui plus est originaire d’Algérie – Michèle, Jean-Jacques et leurs deux premiers enfants embarquent sur le Dan en direction du port de Haïfa, en Israël, où ils émigrent et s’installent au kibboutz de Nachsholim, à mi-chemin entre Césarée et Atlit.

Mais le 6 octobre 1973 éclate la Guerre du Kippour. Après trente mois de conflit en Algérie, le quotidien de Jean-Jacques Benayoun sombre une nouvelle fois dans la violence.

Souvenirs combatifs d’un Juif français né en Algérie revient sur une vie riche et bien remplie, baignée de différentes cultures, ponctuée de bonheurs mais aussi de malheurs – la perte de son épouse trop tôt disparue –, de haine et d’incompréhension face à un antisémitisme qui renait en Europe – et en France particulièrement – depuis quelques années.

Un témoignage aussi touchant qu’utile.

Souvenirs combatifs d’un Juif français né en Algérie, de Jean-Jacques Benayoun, aux éditions du Mérite. 150 pages. 13,00€.

Si vous désirez aller plus loin :

Histoire de la guerre d’Algérie : 1954-1962, de Bernard Droz, aux éditions Points. 383 pages. 10,00€.
De Gaulle et la guerre d’Algérie, de Benjamin Stora, aux éditions Pluriel. 300 pages. 9,20€.
La Guerre du Kippour n’aura pas lieu, de Marius Schattner et Frédérique Schillo, aux éditions André Versaille. 320 pages. 21,90€.

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