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« Témoigner de ces vies. Peindre la Mémoire », de Francine Mayran

Peintre, céramiste et psychiatre, Francine Mayran travaille depuis près de quatre ans sur un éprouvant mais nécessaire travail, celui de la mémoire.

Mémoire de TŽmoigner de ses vies doc.inddgénocides – de tous les génocides, elle interpelle l’Histoire à coups de pinceaux, la questionne au sujet de ces plaies ouvertes laissées par la Seconde Guerre Mondiale. Qu’ils aient été commis à l’encontre des Juifs, des tsiganes, des résistants, des handicapés, des témoins de Jéhovah ou encore des homosexuels – elle a rencontré chacun d’eux pour mieux s’imprégner de leur vécu et le retranscrire, ce projet, que l’on pourrait qualifier de « parcours de mémoire », se pose en élément de substitution, de relais aux derniers témoins encore vivants.

Depuis 2008, ses œuvres font l’objet d’un voyage initiatique, et s’installent à la fois dans des lieux publics – conseils régionaux, Conseil de l’Europe, dans des lieux de mémoire – camp de Struthof, mémorial d’Alsace-Moselle, ou encore au cœur même des festivals, comme le Michto festival de Strasbourg, mettant à l’honneur la musique et la culture tsiganes.

Capitale européenne, le choix de la ville de Strasbourg semblait évident dès le départ, et c’est donc tout naturellement que s’installeront dans la cité alsacienne les deux premiers moments forts de ce long voyage. En juin 2008 d’abord, avec Témoins passifs, témoins coupables, qui présentait un ensemble de toiles à la facture torturée, représentant, symbolisant presque, quais de gare et mouvements de foule, puis sept mois plus tard à la galerie maison d’art, où Survivre, ou les traces de la déshumanisation montrait, peints sur du béton, des portraits d’hommes et de femmes, survivants des camps, tsiganes ou résistants

C’est donc de voyage dont il s’agit. De voyage dans la mémoire tout d’abord, mais aussi dans cette Europe entachée par ses actes inhumains. Et à ce titre, comme les plus prestigieuses et médiatiques expositions temporaires, le « parcours de mémoire » a été présenté en France bien sûr, avec Strasbourg, Compiègne, Verdun, Paris en juin 2012, mais aussi dans de grandes villes européennes comme Karlsruhe, en Allemagne, Tirana en Albanie, Thessalonique en Grèce, ou encore Moscou ou Luxembourg. Et ce n’est pas fini.

Le 27 janvier prochain, le Centre Européen de la Jeunesse de Strasbourg accueillera, dans le cadre de la journée européenne de la Mémoire de l’Holocauste, L’art et la Shoah, dont la visite guidée de Francine Mayran conclura la conférence de Pierre-Philippe Preux, La Shoah par balles.Elle associe à cette occasion de nouveaux portraits de Justes Parmi les Nations, transmettant le message essentiel du courage et du respect des valeurs des droits de l’Homme au péril de leur vie.

Puis d’avril à juin 2013, deux autres manifestations seront également programmées à Strasbourg : une conférence avec la communauté grecque orthodoxe de la ville, conférence enrichie par une exposition, ainsi qu’une seconde intitulée Témoigner de ces vies, qu’accueillera l’église du Temple Neuf. Des visites guidées pour des lycéens seront mises en place avec le concours de l’éducation nationale.

Avec son « parcours de mémoire », Francine Mayran rend un émouvant hommage aux moments les plus sombres de notre histoire contemporaine, et à ses millions de victimes. Elle est également l’auteure de Témoigner de ces vies. Peindre la mémoire, paru en décembre 2012 aux éditions du Signe.

Témoigner de ces vies. Peindre la Mémoire, de Francine Mayran, aux éditions du Signe. 250 pages. 35,00€.

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