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« Tempête de sable », premier film d’Elite Zexer, en lice pour les Oscars

Dans un petit village bédouin situé dans le désert du Néguev, en Israël, proche de la frontière de la Jordanie, les festivités ont commencé pour célébrer le mariage de Suleiman avec sa seconde femme.

tempete-de-sableComme le veut la tradition, les hommes se réunissent de leur côté, alors que les femmes du village restent entre elles, mangent et dansent, ou portent de fausses moustaches pour se donner des apparences masculines.

La future mariée danse sous les yeux de Jalila, la première épouse, qui doit affronter tant bien que mal cette humiliation.

Alors que Sulieman s’est fait bâtir une nouvelle maison plus confortable pour y vivre tranquillement avec sa seconde femme, Jalila doit s’occuper seule de ses enfants, faire ses lessives à la main suite à la panne du générateur électrique, et doit faire face à une complication supplémentaire lorqu’elle découvre que sa fille aînée, Layla, vit une idylle avec un garçon d’une autre tribu, qu’elle rencontre lors de ses cours à l’université. Jalila sait incontestablement que Suleiman ne consentira jamais à cette liaison, aussi lui défend-t-elle de revoir le jeune homme, et même d’aller à l’école.

Mais Layla est bien déterminée à vivre sa vie comme elle l’entend, persuadée qu’elle pourra convaincre son père d’accepter cette union.

Tempête de sable est le premier long métrage d’Elite Zexer, réalisatrice et scénariste israélienne. Un film à mi-chemin entre documentaire et fiction, où la part du réalisme est très importante. On y découvre les traditions et coutumes d’une communauté très fermée, celle des bédouins, peuple nomade vivant dans des villages non reconnus par l’Etat d’Israël.

Il met l’accent sur la condition des femmes, vouées à être mariées pour des arrangements familiaux, et également sur la polygamie, coutumière chez les bédouins, bien qu’interdite en Israël.

Il a fallu dix années à Elite Zexer pour faire ce film : « Tout a commencé avec ma mère, qui faisait des photos dans les villages de bédouins. Elle est devenue amie avec eux, et moi aussi.  Elle a pris des photos de mariages, les femmes racontaient leur histoire. Tempête de sable s’inspire de l’une de ces jeunes femmes rencontrées. Elle était une des premières de son village à aller à l’université. Elle rencontra un dilemme entre écouter son cœur ou sa famille. Cette histoire date de dix ans, j’ai décidé d’en faire un film… Il était important de comprendre une culture différente pour que le message que l’on veut transmettre soit juste. J’avais fait auparavant un court-métrage dans lequel une femme voit son mari en épouser une seconde. C’était en quelque sorte en guise de test, pour la réalisation de ce film. »

Un drame familial réussi où coutumes et traditions, relations homme-femme, pressions sociales, honte et déshonneur sont évoqués avec justesse et réalisme.

Tempête de sable est le premier film entièrement en arabe sélectionné par Israël pour représenter le pays aux Oscars. Il a reçu le Grand prix Word Cinéma au Sundance 2016, et est nominé au Prix Européen 2016.

Tempête de sable, d’Elite Zexer, en salle le 25 janvier 2017.

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