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« Trésors du cinéma yiddish » : le coffret 5 DVD qui redonne vie au YiddishLand

Trésors du cinéma yiddish met à la portée de tous de grands classiques indémodables de ce cinéma, tous sous-titrés en français ou en anglais.

tresors-cinema-yiddish-coffret-dvdComposé de quatre films dont deux versions du Dibbouk – une longue et une courte -, cette commercialisation a été rendue possible grâce à un immense travail de recherche et de restauration. Outre leurs réalisateurs, ces films nous renvoient aux ambiances des livres des frères Singer ou d’Eli Chekhtman.

En plus des quatre films qui permettent à un monde envolé d’être redécouvert, plusieurs bonus présentent des camps d’enfants mis en place après la guerre avec l’aide d’associations américaines pour accueillir les orphelins dans une ambiance où tout est prévu pour panser les douleurs physiques et morales, et où chacun a une responsabilité dans l’édification commune.

De ces bonus, contentons-nous d’évoquer Mir Zeinen Do (« Nous continuons »), sorti en 1946, et qui montre en France la barbarie des années 39-45, et l’accueil des orphelins aux quatre coins du pays dans des foyers d’accueil chaleureux. Le yiddish y est aussi bien sûr très présent.

Le premier film du coffret, Mir kumen on, est un film publicitaire, mais quel film ! Produit en 1936, il doit permettre de collecter des fonds au-delà des frontières polonaises et européennes pour le sanatorium Medem, à quelques kilomètres de Varsovie. Signé du réalisateur polonais Aleksander Ford, il est traduit et envoyé dans différents pays, et raconte d’une part la misère et la pauvreté des Juifs de Varsovie, et de l’autre l’utilité sanitaire mais aussi éducative du sanatorium Medem. Un film plein d’entrain et de joie. Sa restauration a pu avoir lieu grâce à une volonté inflexible alliée à la chance, résultat d’un travail d’équipe à partir de trois copies de pays différents.

Le dibbouk, de Shalom Ansky, est un grand classique, que l’on retrouve notamment dans Les chemins de Garwolin, d’Evelyne Dress, avec des allusions à la pièce, à son auteur, ainsi que l’ambiance de certaines parties, lors par exemple d’un passage dans un cimetière, une nuit de tempête. Le dibbouk parle d’un mort qui revient habiter le corps d’un autre, en l’occurrence celui de sa promise, ainsi que des étapes qui menèrent à cette situation. Dans cette adaptation d’une pièce de théâtre se retrouvent mêlés plusieurs contes Juifs. Il démarre avec entrain et dynamisme pour devenir plus sombre, la version longue étant plus ponctuée de sentences typiques. Celle-ci n’apporte rien à la compréhension de l’ensemble, mais en dit beaucoup plus sur les coutumes juives hassidiques de l’époque. Et pour ceux qui désireraient en connaître plus sur Shalom Ansky, le bonus ou le livre Rabbins et savants au village l’évoquent également, expliquant clairement qui il était et ce qu’il faisait.

Tevye le laitier, de Maurice Schwartz, est quant à lui tiré d’un texte de Sholem Aleichem, dont l’action se déroule dans un shtetl. Plus sobre que son adaptation Un violon sur le toit, il parle les turpitudes d’une famille juive dont la plus jeune fille tombe amoureuse d’un chrétien. Ce film est une mise en garde contre l’assimilation. S’il commence dans une ambiance insouciante, entre décès et événements politiques, il se poursuit baigné de larmes, mais non sans une fenêtre d’espérance. Dans Tevye le laitier, il n’y a pas de marieuse, la mise en garde contre l’assimilation y est différente. On n’y voit que deux sœurs, dont l’aînée déjà mariée élève ses deux enfants selon les préceptes religieux hérités des parents. C’est un film à la fois beau et émouvant.

Enfin, Lang is der weg, tourné en Allemagne après la guerre, dépeint les souffrances des années de conflit, et s’achève avec les recherches des rescapés. L’histoire est filmée à partir du vécu d’une famille de Varsovie fictive, les parents et leur fils adulte. Il débute un vendredi soir, avec les préparatifs de shabbat. Mais l’arrivée du fils, porteur d’une mauvaise nouvelle, modifie la soirée. Le kiddoush est noyé de larmes. Puis s’ensuivent le départ vers le ghetto, la déportation, la sélection… Lang is der weg est à la fois esthétique, court et réaliste. S’il est sans aucun doute le moins connus des quatre films que compte le coffret, il mérite d’être découvert, décrivant bien les difficultés et les souffrances endurées par chacun des personnages, aussi bien pendant la guerre qu’après. Il s’agit-là d’une fiction plus que réaliste, écrite dans une volonté de paix.

Sophie MASSON pour Cultures-J.com.

Trésors du cinéma Yiddish, aux éditions Lobster Films. Coffret 5 DVD.

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