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Exclusif : découvrez le clip « La Tsédaka », de Francis Lalanne et Claude Solier

Dans le cadre de la Grande Soirée de la Solidarité – Tsédaka 2016, qui se tiendra au Palais des Sports de Paris le 12 décembre prochain, notre chroniqueuse Sylvie Marsaud a rencontré Claude Solier et Francis Lalanne, respectivement auteur-compositeur et interprète de l’hymne de la Tsédaka 2016.

tsedaka-2016Cultures-J.com : Vous venez d’enregistrer l’hymne de la Tsédaka, pourquoi cet engagement et pourquoi cette chanson ?
Francis Lalanne : Outre le fait que je suis extrêmement sensible à la cause que défend la Tsédaka depuis très longtemps, c’est pas la double peine pour moi, c’est la double joie de participer à cette aventure de solidarité que propose la Tsédaka et en même temps de chanter une chanson magnifique d’un grand auteur compositeur que j’estime infiniment Claude Solier, donc il n’y avait que des raisons d’accepter.

C-J.com : C’est extrêmement rare que vous interprétiez des chansons qui ne sont pas de vous ?
F.L. : Oui ça n’arrive pratiquement jamais sauf quand c’est Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Georges Brassens, et Claude Solier donc.

C-J.com : Comment s’est fait cette rencontre ?
F.L. : C’est une rencontre qui s’est faite sur d’autres terrains que celui du monde artistique car Claude en plus d’être un grand compositeur est aussi un inventeur de génie qui a mis au point un certain nombre de techniques qui permettent de dépolluer la planète d’une manière extrêmement saine puisqu’il s’est consacré au traitement des déchets par les micro-organismes. On s’est rencontré à l’époque où j’avais des activités en tant qu’écologiste politique et où je m’intéressais beaucoup aux personnes qui font progresser la pensée écologiste dans le bon sens et pas dans un sens politicien. Nous avons sympathisé.Il produisait à l’époque une jeune chanteuse dont j’ai parrainé un peu les débuts et puis j’ai découvert son univers musical et nous avons plein de projets en commun.

C-J.com : Cette association la Tsédaka est d’Utilité Publique
F.L. : Oui mais c’est beaucoup plus que ça, c’est une association d’utilité humaine parce qu’en proposant la solidarité et non pas la charité, c’est-à-dire l’aide non dépourvue d’empathie pour celui qu’on aide. Elle propose aussi une façon de penser la vie, c’est la relation humaine et je pense que ça va au-delà de l’argent. C’est aussi une façon de se restituer dans l’humanité à la place qui devrait être celle de l’être humain s’il ne  se laissait pas entraîner par la facilité donc c’est une école de la vie, de l’humanité, de lien social, de lien humain, ce n’est pas simplement une action, c’est un message.

C-J.com : Est-ce que vous allez participer à l’évènement qui aura lieu le 12/12/16 au Palais des Sports ?
F.L. : Je ne pourrais pas être présent car je serai en tournée à la Réunion mais on va peut-être essayer d’organiser un duplex. Je serai présent par le clip de la chanson. Les enfants qui chantent dans la chanson seront eux présents.

C-J.com : On vous sent proche de la culture juive, pourquoi cet intérêt pour cette culture ?
F.L. : Je me sens assez dans ma façon d’être et de penser de ce que vous appelez la culture juive. C’est-à-dire que c’est plus effectivement une forme de structure, de façon de voir, d’être et de penser qu’une religion. Je me sens très proche de la communauté juive dans sa  façon d’aborder les grands sujets qui constituent l’existence. Il y a énormément de liberté, de controverses, de choses dont je me sens proche. Mais je me sens proche de l’humanité en général, de toutes les formes de culture et de philosophie, de tout ce qui lié à la sagesse, au regard qu’on peut porter sur le monde et reliant. De ce point de vue, et pour  des raisons irrationnelles qui m’échappent, j’ai toujours répondu présent à l’appel de la communauté juive.

C-J.com : C’est pour cela que vous avez joué dans « Monsieur Ibrahim et les fleurs du coran » ?
F.L. : Non, cette pièce c’est une très belle histoire d’un jeune juif orphelin qui est sauvé et réhabilité, remis dans la vie par un vieux musulman soufi, ça résume ma vision de l’humanité. Je m’intéresse à la vision religieuse des communautés dites religieuses que lorsqu’elles sont reliantes pas lorsqu’elles sont sectaires.

C-J.com : Vous jouez actuellement « Inconnu à cette adresse » en tournée :
F.L. : Je joue un juif américain qui entretient une amitié avec un allemand avec qui il grandit ; un allemand athée avec lequel il grandit comme un frère. C’est le jour où l’allemand rejoint son pays en pleine montée du nazisme qu’il devient lui-même nazi. Ca montre comment une idéologie peut un moment donné détruire une relation personnelle et c’est vraiment un appel aux gens à rester dans l’humanité, dans la relation personnelle, à faire attention surtout en ce moment. Faire attention à ce que l’idéologie ne joue pas son rôle sectaire, à séparer les hommes, à les couper les uns des autres.

C-J.com : Dans vos choix artistiques ou personnels, vous restez toujours fidèle à cette vision de l’humanité ?
F.L. : J’ai beaucoup d’indulgence  pour cette humanité. Je n’en veux pas à l’humanité de se tromper. Elle ne peut pas faire autrement, elle a une conscience autonome. L’humain sait aujourd’hui les risques qu’il encoure, il sait beaucoup de choses, mais c’est pas forcément suffisant pour aller contre sa nature.
Aujourd’hui, plus que jamais une pensée solidaire, une pensée humaniste, c’est une pensée, je n’ai pas envie de dire révolutionnaire mais évolutionnaire en tout cas qui permet d’envisager un monde meilleur alors moi je fais partie des gens qui veulent un monde meilleur pour tout le monde. Et meilleur pour moi c’est être reliant, solidaire, humain ; ce que prône la Tsédaka, c’est-à-dire penser l’humanité ensemble et pas chacun pour soi.

Cultures-J.com : Claude Solier, pouvez-vous nous en dire plus sur cet hymne que vous avez écrit pour la Tsédaka ? :
Claude Solier : J’ai une passion pour la communauté juive parce que c’est une communauté qui à travers les âges a toujours souffert par des évènements qui ont été destructeurs, difficiles, et j’essaie de comprendre pourquoi, d’analyser et à chaque problème j’ai trouvé une attache affective. J’ai écrit sur plein de sujets sur ce qu’ils ont  vécus, sur Anne Frank et Simone Veil. Lorsque Gérard Garçon le président de la Tsédaka m’a demandé d’écrire cet hymne, j’ai dit oui. C’est quelqu’un d’adorable, humble et tellement volontaire, il fait de belles choses, il a tellement de force en retour. L’hymne de la Tsédaka c’est lui, ça a été le déclenchement. Il y a eu ensuite la rencontre avec les enfants de la chorale et l’enregistrement avec Francis. Cela a été une histoire très forte, nous avons d’ailleurs d’autres projets en commun. La Tsédaka existe depuis 24 ans et n’avait pas d’hymne. Nous espérons donc que la chanson va perdurer.

Propos recueillis par Sylvie MARSAUD à Paris le 24 novembre 2016.

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