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Utah beach, la pointe du Hoc, Omaha beach… : Sur les traces du Débarquement

Avec l’arrivée des beaux jours vient également le temps des escapades, pour un week-end ou pour quelques jours.

A moins de trois heures de Paris, la côte de Nacre est une destination idéale, alliant à la fois détente et Histoire, et qui trouve son point d’orgue avec les plages du Débarquement.

C’est ici, sur 80 kilomètres de côtes s’étendant de Quinéville à Ouistreham, qu’eût lieu le 6 juin 1944 la plus grande opération amphibie et aéroportée de tous les temps, visant à ouvrir un nouveau front à l’ouest en vue de libérer l’Europe du joug nazi.

6.000 navires stoppèrent face à cinq plages, réparties en deux secteurs : Utah beach et Omaha beach pour le secteur américain, et Sword beach, Juno beach et Gold beach pour le secteur anglo-canadien.

A l’ouest, le secteur d’Utah beach, qui s’étend de Sainte-Marie-du-Mont à Quinneville, fut choisi par les américains pour s’emparer du port de Cherbourg. Son très beau musée, construit à l’endroit même où les troupes américaines débarquèrent le 6 juin, propose sur environ 3.000m² un parcours chronologique en dix séquences, et présente sous un hangar de verre spécialement construit pour l’accueillir un authentique bombardier Martin B-26 Marauder.

Un peu plus à l’est, en direction d’Omaha beach, la pointe du Hoc, lieu stratégique équipé d’artillerie lourde dont il fallait absolument s’emparer afin de garantir la réussite de l’Opération Overlord – au même titre que la batterie allemande de Longues-sur-Mer , s’élève à pic à trente mètres du sol. Au matin du 6 juin 1944, 225 Rangers y débarquent. 135 d’entre eux seront tués.

Massivement bombardés et pilonnés par près de 400 tonnes de bombes, les blockhaus, encore présents aujourd’hui, résistèrent. En 1979, la France céda une partie de la Pointe du Hoc aux Etats-Unis, sur lequel se dresse un monument commémoratif, lieu de visite officiel de nombreux présidents américains, de Ronald Reagan à Bill Clinton.

La batterie allemande de Longues-sur-Mer quant à elle, l’une des batteries côtières du Mur de l’Atlantique, présente aux visiteurs quatre casemates équipés de canons de marine de 150mm, destinés à protéger l’espace aérien longeant les côtes. De la neutralisation de cette batterie  dépendait en partie le succès du débarquement sur les plages d’Omaha et de Sword. Cette position sera elle aussi massivement bombardée dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, et prise par les troupes britanniques dès le lendemain. Site-musée de 24 hectares ayant servi de décor dans une scène du Jour le plus long, la batterie allemande de Longues-sur-Mer accueille chaque année près d’un demi-million de visiteurs désireux de marcher sur les pas des héros du Débarquement.

Essentiels pour le ravitaillement des troupes, les ports des côtes françaises, gardés tels des forteresses et lourdement armés, étaient quasi-imprenables. Après l’échec sanglant de 1942 à Dieppe – sur 6.000 hommes débarqués, plus de 4.000 seront tués –, il devint évident que la seule solution pour un débarquement d’envergure était de venir avec son propre port depuis les côtes britanniques.

Dans le plus grand secret, pendant près de huit mois, on construisit donc en Angleterre tous les éléments nécessaires pour créer un port artificiel, les ouvriers eux-mêmes ignorant sur quoi ils travaillaient. Une fois achevés, les éléments les plus imposants, comme les caissons Phoenix, étaient temporairement coulés dans la Tamise afin de n’éveiller aucun soupçon.

Le 5 juin 1944, à la vitesse de 6 km/h, tous les éléments du port artificiel prirent la route de la Normandie pour une traversée de trente heures. Grand comme 700 terrains de football, douze jours seront nécessaires à sa construction sur place.

Le port artificiel d’Arromanches, appelé Mulberry, fonctionnera cinq mois, de sa mise en fonction le 14 juin, jusqu’au 19 novembre 1944. Au plus fort de son activité, 20.000 personnes y travailleront, et 745 camions y seront chargés chaque heure.

Si l’Opération Overlord se solda par un succès, elle faillit cependant bien échouer. Les pertes humaines furent considérables, ce qui vaudra à Omaha beach le triste surnom de « Bloody beach » : sur les 35.000 hommes débarqués, plus de 3.000 perdront la vie, dont un grand nombre avant même d’avoir pu atteindre la plage.

A Arromanches, face aux vestiges de douze flotteurs en béton encore visibles, le musée du Débarquement, incontournable, marque un temps fort dans la visite.

Premier musée construit pour commémorer la Bataille de Normandie, édifié sur les lieux mêmes où fut implanté le port artificiel, il a ouvert ses portes en 1954.

Sur une surface d’environ 700m², le Musée du Débarquement explique la construction et le fonctionnement du port artificiel, dont il domine les vestiges. Derrière quantités de vitrines ou dioramas, le visiteur pourra découvrir une multitude de vêtements et d’objets d’époque – émetteur-récepteur, grenades, brassards, insignes, parachutes de diversion, téléphones utilisés dans les blockhaus, scaphandre, photographies, mine, passerelle de route flottante ou canon… –, le rôle joué par les alliés venus de Norvège, Belgique, Tchécoslovaquie, Pays-Bas, Grèce, et également trois imposantes vitrines animées. La visite commentée (gratuite et passionnante) est à ne pas manquer pour bien mesurer l’exploit accompli il y a tout juste 72 ans !

Pendant les cent jours de fonctionnement du port Mulberry, ce seront au total 2,5 millions d’hommes, 500.000 véhicules, et 4 millions de tonnes de matériel qui seront débarqués vers la France.

Pour plus d’informations, visitez le site du Musée du Débarquement d’Arromanches.

Enfin, non loin de là, situé juste au-dessus de la plage d’Omaha beach, la visite du cimetière américain de Colleville-sur-Mer, construit en 1947 et inauguré en juillet 1956, constitue lui aussi un moment fort. Avec ses 70 hectares, il est le plus grand cimetière américain situé en-dehors du territoire des Etats-Unis, accueillant les sépultures de 9.388 victimes, dont 307 inconnues, 149 israélites et 4 femmes.

L’entrée principale est dominée par une colonnade semi-circulaire au centre de laquelle s’élève une sculpture de sept mètres de haut, symbolisant « l’esprit de la jeunesse américaine s’élevant des flots », et le site comprend également une chapelle ainsi qu’un musée, destiné à mieux comprendre et à s’imprégner des lieux avant de pénétrer dans le cimetière, où toutes les stèles de marbre blanc sont des croix ou des étoiles de David.

Avec plus d’un million de visiteurs par an, il est l’un des sites les plus visités de la région, et également le lieu de recueillement obligatoire de tous les présidents américains en visite en France depuis Jimmy Carter.

Si vous désirez aller plus loin :

Guide des plages du Débarquement et la Bataille de Normandie, guide vert des éditions Michelin. 212 pages. 11,90€.
Le Débarquement : des plages normandes à Paris, de Pierre-M. Reyss et Anthony Kemp, aux éditions Gallimard jeunesse. 64 pages. 12,90€.
Les reportages de Lefranc : le Débarquement, BD de Weinberg et Isabelle Bournier, aux éditions Casterman. 56 pages. 12,90€.
Omaha, de Norman Ginzberg, aux éditions Héloïse d’Ormesson. 310 pages. 19,00€.
Combattants Juifs dans les armées de Libération, de Georges Brandstatter, aux éditions Ouest France. 352 pages. 17,00€.
Le jour le plus long, avec Robert Mitchum, John Wayne et Richard Burton. DVD. 171 minutes.
Il faut sauver le soldat Ryan, de Steven Spielberg, avec Tom Hanks et Edward Burns. DVD. 163 minutes.

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