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3/7. Haute et Maisel, deux synagogues commanditées par Mordechaï Maisel

Le coeur du quartier de Josefov, ancien ghetto Juif de Prague, est dominé par la synagogue Vieille-Nouvelle et l’Hôtel de Ville Juif, sis à l’angle des rues Maiselova et Cervena Ulic, au sommet duquel trône une horloge dont les classiques chiffres ont cédé la place aux caractères de l’aleph-bet.

La synagogue Haute, financée par Moderchaï Maisel, primat de la communauté juive de Prague, est achevée en 1568, la même année que l’Hôtel de Ville Juif, qu’elle jouxte. Bâtie sur les plans du maître d’oeuvre italien Pancratius Roder, qui s’est inspirée de la synagogue Haute de Cracovie, elle doit probablement son nom au fait qu’elle était installée au premier étage du bâtiment, et non au rez-de-chaussée comme de coutume.

Elle est la synagogue de style Renaissance la mieux conservée du ghetto, et devait probablement être réservée aux notables et représentants siégeant à l’Hôtel de Ville. Incendiée et détruite en 1689, elle est reconstruite l’année suivante selon les plans de Pavel Ignac Bayer, qui va y ajouter une galerie pour les femmes.

Au même titre que beaucoup d’autres, durant la guerre et l’invasion allemande, son mobilier – bancs, bimah, Armoire Sainte… – sera détruit. Rendue au culte en 1994, elle est aujourd’hui utilisée pour les offices religieux de la communauté du quartier.

Quant à la synagogue Maisel, elle était quant à elle destiné à l’usage unique de son commanditaire, dont elle porte le nom. Construite vers 1590, alors que Mordechaï Maisel est au seuil de sa vie après des années consacrées à l’intérêt de la communauté juive de la ville, elle est signé du maître d’oeuvre Juda Tsoref de Herz. L’imposante taille de sa nef de style gothique, supérieure à celle de toutes les autres synagogues du ghetto, impressionnait les visiteurs.

De sa date de construction à la toute fin du XVIème siècle et durant un siècle, la synagogue Maisel allait devenir le monument le plus beau et le plus vaste de la cité juive de Prague. Elle aussi ravagée par les flammes lors du terrible incendie de juin 1689, sa voûte s’effondre. Un incendie qui détruira de nombreux édifices et synagogues, et plus de cent trente maisons. Lors de la restauration qui suivit, elle perdra un tiers de sa superficie.  

Convertie en entrepôt durant les années 40, où furent stockés les biens spoliés aux juifs par les nazis, elle accueille aujourd’hui un fort intéressant musée consacré à l’histoire des juifs de Prague et de Bohême-Moravie. Entre autre objets, le visiteur pourra y découvrir la clé de la synagogue, datant de la fin du XIXème siècle, un manuscrit sur parchemin de 1755 confirmant les privilèges des Juifs de la ville, sans oublier la très belle réplique, en modèle réduit, de la statue de Rabbi Loew, le Maharal, par le sculpteur Ladislav Saloun, dont l’original se trouve à l’angle de l’hôtel de ville. 



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Le kabbaliste de Prague, de Marek Halter, aux éditions J’ai lu. 288 pages. 7,70€.
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Franz Kafka à Prague, de Gérard-Georges Lemaire et Hélène Moulonguet, aux éditions du Chêne. 170 pages. 20,00€.
La famille Kafka de Prague, d’Alena Wagnerova, aux éditions Grasset. 22à pages. 15,30€.
Le Golem, de Gustav Meyrink, aux éditions Flammarion. 321 pages. 10,50€.
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