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Antoine Samuel Adam-Salomon : histoire d’un sculpteur-photographe

Le sculpteur-photographe Antoine Samuel Adam-Salomon est né le 9 janvier 1818 à La Ferté-sous-Jouarre, et mort à Paris le 29 avril 1881.

Il passa sa jeunesse entre Versailles et Fontainebleau. Ayant quitté Fontainebleau à l’âge de sept ans en 1824, le Grand Rabbin Lazare Wogue évoqua dans ses mémoires le temps où, à l’école communale, il était assis sur le même banc que Samuel Adam-Salomon.

Nathan Herschel Salomon et Babet Brisac se marièrent le 21 mars 1817 à La Ferté-sous-Jouarre. Après 1820, le couple Salomon part s’installer à Versailles puis s’établit définitivement à Fontainebleau vers 1824. Lors de la naissance de leur dernière fille en 1834, Nathan Herschel Salomon adopte un nouveau nom de famille : Adam-Salomon ; patronyme qu’allait adopter toute la famille.

Nathan Herschel prépara ses fils aînés Samuel et Adolphe à une carrière de marchand, mais un graveur nommé Vercelli initia Samuel au goût des arts. A l’âge de vingt ans, il se fit recruter dans la fabrique de Porcelaine de Jacob-Petit comme modeleur, et excella notamment dans les charges à la manière de Dantant.

C’était un artiste très doué, et en voyant le médaillon qu’il fit du chansonnier Béranger, le Conseil Général de Seine-et-Marne lui offrit une subvention de 400 francs de 1840 à 1842. En 1843, elle fut portée à 1.000 francs, et ainsi le poussa à suivre des cours de sculpture à Paris.

De sérieux encouragements lui furent alors prodigués par Béranger, Lamartine et Adolphe Crémieux l’aida aussi de ses conseils et de son amitié. Il travailla sous la direction d’Abel de Pujol, de Jules Ramey et d’Auguste Dumont, sculpteurs qui avaient ouvert un atelier réputé à Paris.

C’est en 1840, qu’il réalisa un buste de Rachel, l’illustre tragédienne dont la Reine d’Angleterre voulut deux exécutions, puis un beau médaillon de Bossuet. Après quelques années d’études il partit en Angleterre et en Suisse pour se perfectionner. Produisant toujours, il figura à de nombreuses expositions dans les pays qu’il visita.

Samuel Adam-Salomon se présenta deux fois — en 1844 et en 1846 — au Salon sous le pseudonyme d’Adama. La première fois il exposa un médaillon ayant pour sujet Copernic, et la seconde fois il adressa trois autres médaillons dont l’un représentait Jacques Amyot. Depuis cette époque, il travailla sous son véritable nom.

De grandes personnalités demandèrent à cet artiste de faire leur buste ou des médaillons à leur effigie : Alexis de Tocqueville, Alexandre Bixio pour le Collège Sainte-Barbe, Monsieur de Saint-Paul, Rossini, Léopold Robert, Delphine Gray, George Sand, Lamartine, Ludovic Halévy, Garnier-Pagès, le Docteur Amussat, Etienne-Renaud-Augustin Serre, le Médecin militaire Michel Lévy pour le Val-de-Grâce, Pierre Latour du Moulin et bien d’autres…

Il fit le masque funéraire en plâtre du poète Lamartine qui avait pour lui une haute estime.

Adam-Salomon fit également le buste de Marchand Ennery, Grand Rabbin de France, et effectua le médaillon de Charlotte Corday qui fut reproduit en plusieurs exemplaires, et un bas-relief pour la tombe du Duc de Padoue.

Grâce à l’aide financière des frères Pereire, il s’intéressa beaucoup à la photographie et aida au développement de cet art naissant. À partir de 1859, sous l’influence de Franz Hanfstaengl, Samuel Adam-Salomon exposa des portraits photographiques des célébrités de l’époque. En 1860, il photographia dans son atelier un grand nombre de personnalités politiques ou des arts notamment : Thiers, le Pape Pie IX, Mira Dumoutier, Blandine Ollivier, Franz Liszt et Marie d’Agoult ou encore Lola Montés…

Il fut fait membre de la Société Française de Photographie en 1870 et exposa ses travaux photographiques à Paris en 1859, 1867 et 1869, à Londres en 1867 et à Boston en 1869. Il fut l’ami de Nadar — bien qu’il se fasse payer plus cher que lui pour ses photographies.

En 1850, il épousa l’une de ses élèves, Melle Georgine Coutellier, qui réalisa quelques sculptures, dont trois médaillons du Comte de Bubnow, du Comte de Schonen et de Madame de Païva qu’elle présenta au Salon de 1853.

Puis elle se mit à écrire. On lui doit De l’éducation, d’après Pan-Houei-Pan’, avec une préface de Lamartine. Pour épouser Adam-Salomon elle se convertit au Judaïsme et resta fidèle à cette religion jusqu’au jour de sa mort en 1878. Pour l’ensemble de son œuvre, Adam-Salomon reçut les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1870.

Une grande partie de ses œuvres sculpturales est répartie dans divers musée ou cimetières : Orsay, Invalides, Versailles, Orléans, Meaux, Le Louvre, Le Père Lachaise…

Ce couple eut deux enfants : une fille et un garçon. Isabelle épousa Edmond Adam Lambert et devint donc la belle sœur de la fameuse salonnière et écrivaine Juliette Lambert ; et René, officier de carrière, croix de la Légion d’honneur. Ils rejoignirent la famille de leur mère en devenant de très fervent catholiques.

Bien que de tendance républicaine, Adam-Salomon a été un des grands sculpteurs du Second Empire. De tendance saint-simonienne, il fréquenta les plus hautes personnalités du milieu du XIXème siècle. Outre d’être un familier des Lamartine, il fut également celui d’Emile Ollivier, de Blandine Liszt et de Lucien Prévost-Paradol. Durant la guerre franco-prussienne et La Commune de Paris en 1871, il se replia sur Fontainebleau avec toute sa famille.

Atteint d’une cataracte en 1873, Samuel Adam-Salomon fut obligé d’arrêter ses travaux. A peine pouvait-il s’occuper de la pose. Il meurt le 28 avril 1881 des suites d’une bronchite en son hôtel du 55 rue de la Faisanderie, à Passy. Le Couple Adam-Salomon est enterré dans le Cimetière Israélite de Fontainebleau ainsi que son frère Adolphe, qui fut durant de longues années le Président de la Communauté Juive de cette cité impériale, son épouse et ses parents.

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