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Berthe Marx et Otto Goldschmidt à Marlotte…

Il est un temps où Bourron n’était pas encore réuni à Marlotte. Une époque où de nombreux artistes venaient villégiaturer dans ces petits villages du Gâtinais entre forêt et Loing, entre herbage et pâturage. Un site bucolique…

Ici se retrouvaient au fil des ans, dès la fin du XIXème siècle, musiciens, poètes, peintres, fabricants de barbotine, etc… Les murs de la mairie de Bourron-Marlotte sont encore tapissés de ces peintures offertes par leurs créateurs. A travers le monde on peut écouter des œuvres qui furent composées en ces lieux. Ici glisse l’archet d’Israël ou d’Emile Mendels, Pablo Sarasate, Jules Boucherit, Jacques Thibaut ; là s’envolent les doigts de Magda Tagliaferro, de Joseph Szulc, Wladimir Horowitz ; les chevalets présentent les toiles d’Auguste Renoir, Corot…

Ce fut à Marlotte qu’Ernest Reyer composa l’opéra Salambo, que Ludovic Halévy goûta l’élixir Lamartine à l’Auberge de la Mère Antony, qu’Henri Murger rédigea Le Sabot Rouge, qu’Emile Zola, Alfred de Musset, Reynaldo Hahn et nombre d’artistes les suivirent.

Parmi ces brillants illustres, quelques-uns furent oubliés par l’histoire, alors qu’ils connurent la gloire et les lauriers. Ainsi en fut-il pour Berthe Marx et Otto Goldschmidt. Réveillons leur mémoire.

Berthe Marx, pianiste française était la fille de Isidore Marx, violoncelliste au grand opéra et au conservatoire de Paris où il exerça pendant quarante ans. Sa mère était Mathilde Singer, violoniste. Les deux parents descendaient de lignées de musiciens. Rien d’étonnant à ce que Berthe, née à Paris le 28 juillet 1857, soit une musicienne précoce qui commença à étudier le piano à l’âge de quatre ans, guidée par son père les premières années jusqu’à son entrée au conservatoire en 1868, où Aubert l’accepte comme élève sans examen préalable. Elle fut dirigée par Madame Réty, puis par Henri Herz et obtint le premier prix de piano en 1874.

Dès 1874, la presse indique certaines prestations de Mademoiselle Berthe Marx et mentionne le grand succès qu’elle obtient à chaque concert.

Bien que continuant de travailler le piano, elle se maria à l’âge de dix-huit ans avec Georges Polonini, le 29 juillet 1875. Elle mit au monde deux fils : Louis Polonini en 1876, et Jean Polonini en 1878, lequel devait mourir accidentellement en 1897. Elle demanda le divorce en 1883, ce qui lui fut accordé et fut définitivement inscrit en 1886.

Berthe Marx reprendra ses concerts en décembre 1879 afin de ne pas perdre le contact du public toujours enthousiaste. Malheureusement elle est toujours tributaire des organisateurs de concerts, et les rémunérations restent faibles… quand elles existent.

En 1876, Otto Goldschmidt était revenu du Mexique où il avait travaillé avec ses frères. Le 2 février 1877, un hasard extraordinaire devait changer le cours de sa vie. Il rencontra Pablo Sarasate, le violoniste renommé, et les deux hommes sympathisèrent. Après quelques temps, Otto Goldschmidt devint le secrétaire, l’impresario et le pianiste accompagnateur du violoniste Sarasate.

Né le 10 mars 1844 à Pampelune, en Espagne, Sarasate obtint à l’âge de treize ans le premier prix au Conservatoire de Paris, où il avait poursuivi son éducation technique sous l’enseignement de Alard, durant deux ans. À partir de 1861, il débuta une carrière internationale. Il se trouvera par hasard engagé dans un concert à Bruxelles en Belgique en 1885, concert dans lequel Berthe Marx avait aussi été engagée. Le violoniste est ébloui par la virtuosité de la pianiste. Otto Goldschmidt était aussi dans le public et il fit ainsi la connaissance de Berthe Marx, dont il devint également l’impresario.

Le trio poursuivit une carrière internationale, y compris aux États-Unis d’Amérique, au Mexique, au Canada et bien entendu dans toute l’Europe. Berthe Marx épousa Otto Goldschmidt le 8 août 1894 à la mairie de Bourron, ville où ils avaient fixé leur domicile à la suite des parents de Berthe, qui y trouvèrent leur sépulture le moment venu.

Parfois, Sarasate venait retrouver ses amis pour y travailler de nouvelles œuvres musicales.

Sarasate a poursuivi sa carrière jusqu’à son décès à Biarritz le 20 septembre 1908. Son corps est retourné à Pampelune où il est abrité dans un mausolée.

Otto Goldschmidt a quitté ce monde le 28 février 1910, il est inhumé à Biarritz.

Berthe Marx Goldschmidt a donné des concerts jusqu’en 1922. Elle est décédée à Biarritz le 11 octobre 1925 et est aussi inhumée à Biarritz.

Article rédigé par Mr. Frédéric Viey, avec l’aimable collaboration de Mr. J-C B. Montagné.

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