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De la Pologne à la clandestinité : Wally Danzig, le parcours d’une vie

De son départ de Pologne à l’âge de six ans jusqu’à l’après Seconde guerre mondiale, Deux hivers, un été, le roman graphique d’Antoine Houcke scénarisé par Valérie Villieu, évoque la vie de Wally Danzig et de sa famille, juifs polonais venus s’installer en France. Un pays alors encore synonyme de liberté, d’histoire, de culture et de valeurs. 

C’est en 1926 que Chana et Herman Danzig arrivent dans la capitale française, accompagnés de leurs quatre enfants. Par soucis d’intégration, les prénoms de ces derniers sont modifiés, francisés. Et Wally devient Valentine…

Malgré leurs origines polonaises, pays dont le judaïsme rayonne alors partout en Europe, la famille Danzig n’est pas pratiquante, ne respectant que la traditions des principales fêtes, comme Pessah par exemple.

La famille Danzig s’intègre parfaitement, et à force de travail parvient même à faire prospérer considérablement son activité de confection. Mais au début de l’année 1933, le ciel va commencer à s’assombrir. Certes, l’Allemagne et l’arrivée au pouvoir de son nouveau chancelier, un certain Adolf Hitler, semblent bien loin vus de Paris. 

Mais en quelques années seulement, l’Allemagne et ses rêves de conquête vont plonger l’Europe toute entière dans un nouveau conflit, à peine vingt ans après la fin de la Première guerre mondiale. Fin 1939 la Pologne est envahie, et quelques mois plus tard, c’est Paris et la moitié nord de la France qui tombe sous le joug nazi. A l’instar des autres pays occupés, des mesures restrictives sont appliquées contre les juifs, qui sont recensés, ne sont plus autorisés à travailler, et se voient obligés de porter une étoile jaune.

Après les premières rafles (rafle des Billets Verts, rafle des Notables notamment), Chana et Herman Danzig décident d’envoyer leurs enfants à l’abri, dans un petit village des environs de Grenoble, une région alors administrée par l’Italie. Bien qu’alliée de l’Allemagne, l’Italie de Mussolini préfère chasser les résistants que les juifs, faisant de Grenoble une sorte de « refuge » pour des milliers d’israélites.

Wally Danzig.
Photo © Comité Français pour Yad Vashem.

Mais en février 1944, l’arrivée d’Alois Brunner, ancien directeur du camp de Drancy et l’un des principaux artisans de la Solution Finale, va mener à des centaines d’arrestations dans les orphelinats, les camps de travail et les campagnes de la région.

Disponible depuis quelques jours seulement, publiée avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Deux hivers, un été raconte le combat d’une fratrie pour sa survie. Une histoire semblable à celle de milliers de juifs d’Europe de l’Est venus chercher une vie meilleure en France dans les années 20.

Superbement mis en images par le graphiste belge Antoine Houcke, les illustrations et la manière dont elles sont traitées son emplies de sens et de symboliques : la première partie par exemple, du départ de Pologne jusqu’à la fuite de Paris en 1942, est traitée en noir et blanc, accentuant l’atmosphère de danger et d’insécurité ; les premières notes de couleurs apparaissent à mesure que les Alpes se dessinent et que le danger semble s’éloigner, telles des notes de joie au coeur du tumulte. 

Un très beau récit porté par une plume et un pinceau de grandes qualités, basé sur l’émouvant témoignage de Wally Aviam.

Deux hivers, un été, d’Antoine Houcket et Valérie Villieu, aux éditions La boîte à bulles. 128 pages. 24,00€.

Si vous désirez aller plus loin :

Une histoire de la Pologne, de Michal Tymovski, aux éditions Noir sur blanc. 272 pages. 15,00€.
La Pologne, des origines à nos jours, de Daniel Beauvois, aux éditions du Seuil. 544 pages. 26,40€.

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