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Judith Magre et Catherine Salvat, « Dramusculement délectable » au Poche-Montparnasse

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Du très grand théâtre malheureusement trop court, Catherine Hiegel ayant choisi de ne mettre en scène que les trois premières pièces du recueil « Dramuscules », du génial Thomas Bernhard, qui n’aura cessé de mettre ses compatriotes autrichiens face à leur bêtise et à leur nostalgie du IIIème Reich.

C’est grinçant, hilarant, choquant, parfaitement huilé pour nous faire réfléchir sur les vicissitudes notre propre société.

Le couple et l’Eglise en prennent pour leur grade, une femme ravaude la veste de son homme, policier répresseur de manifestations étudiantes le jour, fan de foot le soir, un autre se fait enterrer après s’être fait renverser par un jeune Turc, deux grenouilles de bénitier en profitent pour étaler leur bêtise crasse, un cadavre découvert en bord de route et emballé dans du papier se révèle être encore plus effrayant qu’il n’y paraissait de prime abord…

C’est un bien fou que d’entendre ces textes intelligents, qui mêlent avec virtuosité l’humour à l’horreur.

Hiegel a choisi d’introduire au milieu de deux scènes des citations de philosophes et d’hommes et femmes politiques français, allemands et américains depuis les Lumières jusqu’à nos jours, révélateurs du racisme de leurs auteurs. Comme quoi, et on ne le dira jamais assez, on n’est jamais trop vigilants face à la monstruosité.

Dramuscules, jusqu’au 9 mars au théâtre de Poche-Montparnasse.

Si vous désirez aller plus loin :

Dramuscules, de Thomas Bernhard, aux éditions de l’Arche. 180 pages. 14.00€.

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