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Du côté de chez Flore : une Ratisbonne à Neufmoutiers-en-Brie

En 1863, Flore et Alexandre Singer achètent au comte de Joinville le Château du Chemin à Neuf moutiers-en-Brie. Cette famille le gardera jusqu’en 1919, puis le revendra à Pierre Campionnet, Maître de Forges.

Madame Flore Singer, née Ratisbonne, naît en 1824 dans une grande famille alsacienne : les Ratisbonne. Une grande partie de cette fratrie se convertit au Christianisme et va même jusqu’à créer la Congrégation Notre-Dame-de-Sion, dont le but est la conversion des Juifs.

En 1841, Flore est fiancée à son oncle Alphonse, de dix ans son aîné. Elle rompt avec lui à l’annonce de sa conversion au christianisme puis épouse le 26 août 1846 Alexandre Singer, agent de change à Strasbourg. Le couple aura un fils : Louis.

Alexandre décède décembre 1879, et Flore décède le 28 novembre 1915 à Paris, à l’âge de 91 ans. Ils sont enterrés tous les deux au Cimetière du Père Lachaise, dans le premier carré israélite.

Flore Singer tient à Paris un Salon que fréquentent les plus grands : philosophes, écrivains, artistes, musiciens, politiques… Plus d’une fois, des élections à l’Académie française se préparent chez elle, à l’hôtel de Chimay, 17 quai Malaquais.

Dès le début de l’Affaire Dreyfus, Flore Singer est une fervente Dreyfusarde. C’est surtout lors de la Campagne de révision du procès du capitaine que s’opposent les Dreyfusards antimilitaristes, groupés autour de la « Ligue des Droits de l’Homme », et les anti-dreyfusards antisémites, rassemblés dans « La Ligue de la Patrie Française », républicaine et nationaliste. Ferdinand Brunetière, ami de Flore, conservateur et antisémite, en était membre. Flore ne pouvant l’admettre, ne cesse de le remettre en place et de lui faire honte.

Elle exalte le patriotisme des Juifs et regrette que son ami ne se désolidarise pas plus des anti-dreyfusards, et en particulier d’Edouard Drumont. Elle fera pourtant de lui l’éloge suivant :

« Merci, mon cher Monsieur Brunetière, d’avoir défendu les Juifs sans les aimer. Espérons ensemble qu’il arrivera un jour où on les aimera, sans avoir à les défendre.« 

Les Archives Israélites de France du 1er janvier 1880 annonçaient le décès de Monsieur Alexandre Singer, un des membres les plus honorablement connus de la finance israélite :

« Monsieur Alexandre Singer, ancien agent de change, est décédé le mercredi 24 décembre à Paris, des suites d’une cruelle maladie. Ses obsèques, célébrées vendredi dernier, réunissaient les notabilités de la banque, de l’industrie et de la haute société. Monsieur Alexandre Singer était resté attaché de cœur à la loi Mosaïque, suivant ainsi l’exemple de son père David Singer qui, arrivé par ses œuvres à une grande fortune, encourageait volontiers nos savants et notre littérature. Il avait même formé le projet – non réalisé – d’attacher son nom à l’organisation d’une traduction complète du Talmud en français.Maire de Neufmoutiers, où il possédait un
magnifique château, Monsieur Alexandre Singer était allié par son mariage à la famille Ratisbonne, et par celui de son fils unique, Monsieur Louis Singer, à la famille Stern.
« 

Louis Singer était né en 1848 et avait épousé le 17 novembre 1877 Thérèse Stern. Il succèda à son père à la mairie en 1880, et en 1888, victime d’un grave accident de chasse, il reste handicapé toute sa vie. Flore dit alors de son fils :

« Il reste encore à ce pauvre garçon un ébranlement nerveux contre lequel nous luttons de toutes nos forces. Jusqu’à présent je guette en vain un sourire sur ce visage fait pour la joie.« 

Louis Singer meurt en 1932 à l’âge de 84 ans tandis que son épouse Thérèse le rejoint dans la tombe en 1935, à l’âge de 76 ans.

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