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Dans son nouveau livre, Eliette Abécassis devient… « Instagrammable » !

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A la lecture de ce récit incisif, sorte de conte cruel contemporain, nous sommes saisis, de malaise et de sidération tant cet ouvrage qui sonde notre époque, nous interroge et nous dépasse.

Eliette Abécassis joue ici dans la cour des jeunes, ceux de la génération des années 2000, qui vivent dans un monde virtuel digne des pires cauchemars. Un monde à la manière du Meilleur des mondes, de Huxley, ou de Fahrenheit 451.

Ce monde de « mutants » pris dans une dépendance totale des réseaux sociaux s’avère surréaliste et absurde à souhait. L’auteure y dépeint avec férocité et précision cet univers virtuel et parallèle qui peut vous briser en un instant, mettre à mal vos sentiments authentiques et vous faire vivre des souffrances d’adolescence bien réelles elles.

Ils et elles s’appellent Jade, Sacha, Emma, Léo, Solal ; ils sont lycéens et s’enlisent définitivement dans l’engrenage de l’apparence, du pur narcissisme, du jeu virtuel par camera interposée au détriment de la réalité « toute bête ». Le décor est planté mais la réalité dépasse la fiction dans cet univers factice où on ne peut vivre que si l’on est vu, que si l’on se raconte, que si l’on est suivi en permanence et apprécié par de plus en plus de like, d’émoticones ou de followers. Le langage lui même en dit long.

« Elle a l’impression de vivre un fantasme, de faire effraction dans le monde rêvé d’Instagram, d’être dans une story. Des moments pareils, elle a du mal à les savourer sans les saisir avec son portable, les immortaliser, les garder comme si un instant non photographié, non partagé n’était pas réel, comme si vivre sans images  et sans se mettre en scène, c’était faire semblant.« 

ELIETTE ABÉCASSIS.

Bienvenue dans le monde des influenceurs dont le téléphone portable est devenu le prolongement de la main, voire du cœur, de l’existence même. On voit une mère dépassée par ce univers dans lequel vit sa fille, à coté ou en marge de la réalité, et comment elle se raccroche avec nostalgie à ses plaisirs d’antan, tous simples, et authentiques…

Eliette Abécassis décrit avec justesse le « monde selon Jade », et d’aucune se reconnaitront dans ce portrait au vitriol d’une jeunesse confisquée.

« Voyons la blogueuse Jade, elle avait déjà crée son compte à 13 ans ; dans les vlogs, assise sur son canapé elle parle de sa vie amoureuse ; elle explique, raconte, rit, sourit, présente, critique, pense tout haut, improvise, décide et donne des leçons. Elle est invitée dans des défilés aux avants premières ; elle tourne des vidéos avec d’autres blogueuses célèbres, les agences lui proposent de faire des publicité et des partenariats. Elle est une marque ; elle est une entreprise. Chaque instant de son existence est consacrée à sa propre mise en scène.« 

ELIETTE ABÉCASSIS.

Ce roman pêche pourtant par une écriture sujette à des clichés, une accumulation d’adjectifs et une certaine superficialité qui marque certes ce mode si particulier, mais sans analyser la profondeur du malaise

Un livre à lire avec vos enfants… s’ils lisent encore !

Instagrammable, d’Eliette Abécassis, aux éditions Grasset. 180 pages. 17,00€.

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