20 November 2019
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« J’aimerais qu’il reste quelque chose » : le Mémorial de la Shoah côté coulisses

J’aimerais qu’il reste quelque chose, le documentaire signé Ludovic Cantais, n’est pas un énième film ou reportage sur la Shoah. Il permet au contraire de découvrir l’énorme travail de recherche, d’archivage et de collecte d’informations réalisé en coulisses afin de rendre possible cette transmission, et le nécessaire travail de Mémoire des rescapés et de leurs héritiers.

Un travail que réalise chaque semaine une poignée de bénévoles pour le Mémorial de la Shoah à Paris, le plus grand centre d’archives en Europe sur l’histoire de l’Holocauste.

Documentaliste dans le cadre de l’exposition Les enfants dans la Shoah, qui s’était tenue au Mémorial en 2012, Ludovic Cantais découvre la permanence photographique de l’institution qui met en relation, une fois par semaine, des bénévoles et des familles juives qui souhaitent faire don de leurs archives personnelles. Des hommes et des femmes filmés face caméra, sans artifice, dans les locaux même du Mémorial et qui, par ce don, souhaitent « qu’il reste quelque chose ».

Un impressionnant travail de collecte initié dans les années 80 par Laurent Goldberg, et qui permet aujourd’hui à l’institution parisienne de conserver un fonds exceptionnel de documents, photographies, lettres, témoignages, jouets… Une des plus importantes collection au monde après celles de Yad Vashem, à Jérusalem, et qui a permit de monter et de présenter gratuitement au public plus de quarante expositions temporaires, dont Cinéma : l’année 1942, Shoah et bande dessinée, Le sport européen à l’épreuve du nazisme, Beate et Serge Klarsfeld, les combats de la Mémoire, ou plus récemment Le marché de l’art sous l’Occupation. 1940-1944.

« Filmer ceux qui donnent, mais aussi ceux qui reçoivent. Ceux qui parlent et ceux qui écoutent. […] Ce film serait donc aussi un portrait en creux des bénévoles, des petites mains qui oeuvrent à la sauvegarde de cette Mémoire. »

Ludovic Cantais, réalisateur.

Alors que selon une enquête IFOP de décembre 2018, 10% de la population française n’a jamais entendu parler de l’Holocauste, J’aimerais qu’il reste quelques chose se révèle être absolument nécessaire.

Un émouvant documentaire qui n’est pas un film d’histoire sur la Shoah, mais bel et bien un film sur la Mémoire. 

J’aimerais qu’il reste quelque chose, de Ludovic Cantais, en salle le 13 novembre.

ÉVÉNEMENT Une avant-première exceptionnelle est organisée ce mercredi 30 octobre 2019 à 20h00, au cinéma Le Luminor (20 rue du Temple, 75004 Paris).

Si vous désirez aller plus loin :

Holocauste, une nouvelle histoire, de Laurence Rees, aux éditions Livre de Poche. 872 pages. 9,90€.
Histoire de la Shoah, de Georges Bensoussan, aux édition PUF. 128 pages. 9,00€.
Atlas de la Shoah. La mise à mort des Juifs d’Europe. 1939-1945, de Georges Bensoussan, aux éditions Autrement. 96 pages. 19,90€.

Et pour la jeunesse :

La Shoah, des origines aux récits des survivants, de Philip Steele, aux éditions Gallimard jeunesse. 96 pages. 19,95€.
Histoire de la Shoah : de la discrimination à l’extermination, de Clive A. Lawton, aux éditions Gallimard jeunesse. 8 pages. 14,00€.
Auschwitz, de Pascal Croci, aux éditions EP. 64 pages. 16,00€.

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