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« Jacob, Jacob » : des rues de Constantine au Débarquement de Provence…

Dans « Jacob, Jacob », Valérie Zenatti relate l’histoire des Juifs d’Algérie à la fin de la Seconde guerre mondiale, à travers l’histoire de Jacob et de sa famille.

Jacob, le personnage principal, jeune lycéen Juif de Constantine, a l’âge du départ à l’armée. Il est envoyé se battre en France contre les allemands. Sa guerre est racontée tandis qu’en parallèle, l’histoire de sa famille nous est relatée jusqu’au moment où, forcée par les événements, elle est contrainte d’émigrer.

Et de cette histoire ressortent les contradictions de la situation.

Les Juifs sont marqués d’une étoile en France, et ne sont plus considérés comme français en Algérie. Les lois vont jusqu’à interdire aux enfants aux noms de famille à consonance juive le chemin vers l’école deux années durant.

En dépit de cela, à la fin de la guerre, les Juifs d’Algérie sont envoyés se battre aux côtés de leurs frères musulmans. Ils seront soldats parmi les autres. Leurs prénoms, le temps de la guerre, s’effaceront pour laisser place à des matricules.

Quelques années plus tard, ces frères musulmans, devenus menaçants, leur montreront la route vers la frontière, vers un ailleurs différent.

Au-delà du roman, du plaisir de la lecture et des personnages, le livre parle de la participation des algériens juifs et non-juifs à la Libération de la France, et des juifs d’Algérie à la fin d’une époque, évoquant également les mystères de la transmission des histoires familiales.

Jacob, Jacob est important non seulement car il sort durant l’année qui commémore les 70 ans du débarquement, et qu’il rappelle un débarquement qui a parfois tendance à rester dans l’ombre de celui des alliés. Il témoigne également d’une manière de vivre très différente. La vie y est rude, ce qui n’empêche pas les personnages d’être très attachants.

Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, aux éditions Points. 192 pages. 6,80€.

Si vous désirez aller plus loin :

De la conquête à la rébellion : ce qu’était l’Algérie française, aux éditions Le Figaro Histoire. 13 pages. 8,90€.
Les français d’Algérie de 1830 à aujourd’hui, de Jeannine Verdès-Leroux, aux éditions Fayard. 512 pages. 10,00€.
Histoire de l’Algérie coloniale (1830-1954), de Benjamin Stora, aux éditions La Découverte. 128 pages. 10,00€.
Comment l’Algérie devint française, de Georges Fleury, aux éditions Tempus Perrin. 544 pages. 11,00€.
L’adieu. 1962, le tragique exode des français d’Algérie, de Jean-Baptiste Ferracci, aux Éditions de Paris. 207 pages. 22,00€.

Pour la jeunesse :

Algérie, une guerre française. Tome 1: Derniers beaux jours, de Philippe Richelle et Alfio Buscaglia, aux éditions Glénat. 80 pages. 15,95€.
Algérie, une guerre française. Tome 2 : L’Escalade fatale, de Philippe Richelle et Alfio Buscaglia, aux éditions Glénat. 56 pages. 14,95€.

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