Ad
Ad

« Je vous écris du Vél’ d’Hiv’. Les lettres retrouvées », de Karen Taieb

Tout comme les inestimables documents exposés à la Mairie du 3ème arrdt. de Paris, les lettres rassemblées dans « Je vous écris du Vél’ d’Hiv’. Les lettres retrouvées » n’auraient jamais dû parvenir jusqu’à nous.

Longtemps on a pensé — à tort — que des 16 et 17 juillet 1942, il ne restait qu’une seule et unique image, celle de bus alignés devant la porte du Vélodrome d’Hiver. Depuis quelques années, nous savons que cela est faux. Quantité de documents, de dessins, de photos ne cessent de sortir de l’ombre, venant enrichir les archives relatives à la Rafle du Vél’ d’Hiv’.

Parmi tous ces documents se trouvent des lettres, dont vingt-deux sont aujourd’hui connues, écrites à la hâte par des internés dans des conditions extrêmes, derniers témoignages au cœur même de l’horreur. Dix-huit d’entre elles ont été minutieusement regroupées par Karen Taieb, responsable des archives du Mémorial de la Shoah. Chacune a été retranscrite en regard du fac-similé de la lettre originale, et a fait l’objet d’annotations, voire de courtes biographies, le tout complété par seize pages de photographies noir et blanc de certains de leurs auteurs.

« Je ne veux pas que mon enfant meure quelque part en Pologne. Je veux mourir sans lui ».

Antonina Pechtner, Vélodrome d’Hiver, 17 juillet 1942.

Grâce à la désobéissance d’une poignée d’hommes et de femmes — infirmières, pompiers, gendarmes, passants… —, ces missives clandestines ont déjoué le confinement auxquels les huit mille incarcérés étaient astreints, ainsi que la vigilance des policiers du Vélodrome d’Hiver.

Tous leurs auteurs, sauf un, seront assassinés dans les camps de la mort.

Composé de quatorze chapitres, avec en annexe de nombreux documents — photographies, la circulaire de sept pages du 13 juillet 1942, témoignages, dessins d’enfants, bibliographie et filmographie… —, Je vous écris du Vél’ d’Hiv’. Les lettres retrouvées rends dramatiquement humain ce funeste épisode de la Seconde guerre mondiale que l’on ne connait qu’au travers les livres, ou depuis quelques années grâce à des reconstitutions cinématographiques comme La rafle, de Roselyne Bosch, ou encore Elle s’appelait Sarah de Gilles Pacquet-Brenner, tiré du livre de Tatiana de Rosnay, qui signe d’ailleurs la préface de cet émouvant ouvrage.

Je vous écris du Vél d’Hiv : Les lettres retrouvées, de Karen Taïeb au éditions J’ai lu. 217 pages. 5,60€.

Si vous désirez aller plus loin :

La Grande Rafle du Vel d’Hiv : 16 juillet 1942, de Claude Lévy et Paule Tillard, aux éditions Tallandier. 332 pages. 10,00€.
La Rafle, le DVD du film de Rose Bosch.

2 commentaires sur « Je vous écris du Vél’ d’Hiv’. Les lettres retrouvées », de Karen Taieb

Cet article vous intéresse ? Laissez un commentaire.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.