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Judith Magre, une bien grande « Actrice » sur les planches du Poche-Montparnasse…

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Lorsqu’elle s’avance sur la scène, la silhouette d’Anne-Laure se dessine dans un halo de lumière. Elle débute un monologue au cours duquel elle nous livre des confidences sur sa vie, son enfance, et surtout son premier amour, André, dont le dos l’a immédiatement séduite. Oui, le dos !

Coup de foudre oblige, vint alors le mariage et la vie de couple qui, finalement, ne laisseront que peu de place au bonheur, l’homme au dos parfait préférant un emploi dans les produits pharmaceutiques à une existence rurale entre chèvres et moutons… De l’amour au mépris, la ligne est mince.

Puis un écrivain peu inspiré fait son entrée. Anne-Laure est aujourd’hui Judith, une actrice connue et reconnue. Mais aussi une femme en colère.

Avec pour ambition d’écrire sa biographie, il l’interroge sur sa vie, sur sa carrière. « Carrière », voilà bien un mot qu’elle déteste ! Tout comme elle déteste parler d’elle. Et d’ailleurs, comment pourrait-elle parler de ce métier complexe, presque impossible à décrire ? Décidément non, ce petit écrivain ne saura rien de son existence. Le dialogue semble bien mal engagé.

Mais c’est sans compter sans la ténacité de l’auteur. Et finalement, après un verre ou deux, Judith livre ses premières confidences.

Et avec elle, ce sont les spectateurs qui se trouvent embarqués dans un voyage à travers le Paris d’une époque dorée et révolue, à laquelle elle fréquentait Jean-Paul Sartre ou Simone de Beauvoir au Café de Flore, Louis Aragon — qui lui a écrit des poèmes —, mais aussi Mac Orlan, Céline, Tchekhov, Claudel, sans oublier les artistes maudits du Montparnasse que sont Picasso, Max Ernst ou Giacometti, avec qui elle partage des plats de pâtes à La Coupole

Parler du passé ne dérange pas Judith, seul le présent l’ennuie. L’emmerde même. Après toutes ces années, elle n’a plus vraiment l’impression d’exister que lorsqu’elle est assise dans sa loge, passant des heures à se maquiller avant d’entrer en scène.

Dans une mise en scène sobre et dépouillée, Philippe Minyana offre une nouvelle fois à Judith Magre un rôle incisif dans lequel elle s’impose, et qui fait la part belle à la nervosité du dialogue et à la vivacité des échanges.

Après une carrière exceptionnelle débutée en 1948 au cinéma dans Clochermerle de Pierre Chenal, puis en 1952 sur les planches avec La farce des ténébreux, à l’époque mis en scène par Georges Vitaly, Judith Magre, séduisante, espiègle et toujours heureuse, s’installe aux côtés de Thierry Harcourt sur le scène du Poche Montparnasse jusque mi-juillet pour un spectacle court, mais tout en émotion et en coquetterie.

Une actrice, au théâtre de Poche-Montparnasse.

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