15 October 2019
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« La menteuse et la ville » : jusqu’où un mensonge peut-il servir celui qui s’en sert ?

Ce roman d’Ayelet Gundar-Goshen retrace le présent d’adolescents à Tel Aviv, pris dans le tohu-bohu de la ville, de la modernité, de la pulsion, de la solitude, des réseaux sociaux, des clans dans le milieu scolaire, et principalement des moyens de survivre dans cet environnement où la vie ne tient qu’à un fil ; et le mensonge en est un puisque la vérité devient elle-même sujette à réflexion, à éloignement.

D’autant plus que la guerre n’est pas loin, et donc la mort.

La menteuse et la ville nous conte l’histoire de Nymphea, jeune ado de dix-sept ans, complexée, solitaire parce qu’éloignée par les autres, et dont la sœur cadette jouit d’une meilleure image du fait de sa beauté. Et à partir d’un fait divers, la jeune fille va fantasmer une algarade et la transformer en tentative de viol, entraînant dans sa chute une ancienne vedette d’une émission de télé-crochet.

Bien qu’ayant fait des études de psychologie clinique, Ayelet Gundar-Goshen appelle à son aide la grosse artillerie et laboure son champ d’investigation de poncifs et de métaphores d’une grande lourdeur. Sur un sujet empreint d’une grande modernité – trop grande peut-être -, elle n’évite aucun écueil, caricature jusqu’à l’excès, et son propos perd donc toute sa force.

Les facilités de langage se suivent et se ressemblent, les femmes sont des victimes, et les hommes des lâches utiles, quand ils ne sont pas inutiles, sauf lorsqu’ils remplissent leur devoir.

Le sujet aurait pu être intéressant : jusqu’où un mensonge peut-il servir celui qui s’en sert ; au lieu de ça, il n’est qu’un artifice pour retarder l’échéance.

Enfin, aucun personnage n’arrive à nous réconcilier avec le genre humain, ce qui, en Terre d’Israël, est une immense déception. Même la ville ne déploie aucun charme propre à nous transporter.

La menteuse et la ville, d’Ayelet Gundar-Goshen, aux éditions Presses de la Cité. 21,00€.



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Quelle sera la vôtre ? »

Si vous désirez aller plus loin :

Une nuit, Markovitch, d’Ayelet Gundar-Goshen, aux éditions 10×18. 456 pages. 8,80€.
Réveiller les lions, d’Ayelet Gundar-Goshen, aux éditions 10×18. 432 pages. 8,80€.

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