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99 minutes pour une nuit : « Laïla in Haifa », le nouveau film d’Amos Gitaï

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Actuellement à l’honneur à la Bibliothèque Nationale de France avec l’exposition Amos Gitaï / Yitzhak Rabin, Amos Gitaï, le touche-à-tout de la scène artistique israélienne, revient en salle à partir du 1er septembre avec son tout dernier long-métrage, « Laïla in Haïfa ».

Comme à son habitude, Amos Gitaï, qui signe ici son vingt-quatrième long-métrage en un peu plus de trente-cinq ans de carrière, traite de thèmes qui lui sont chers, et plus encore car il fait de sa ville d’origine, Haïfa, le théâtre de l’action de son film.

Troisième ville la plus importante d’Israël, Haïfa fait souvent figure de haut-lieu de la tolérance et du vivre-ensemble dans l’État hébreu. Elle n’en est pourtant pas le seul exemple, n’en déplaise aux mal informés.

C’est au Club Fattoush, dans la zone portuaire de la ville, que le réalisateur a choisi de poser sa caméra. Un club qui, au même titre que les protagonistes qui s’y croisent, semble occuper un rôle à part entière dans l’histoire. Tandis qu’en arrière-plan des trains défilent, marquant le temps qui passe, israéliens et palestiniens se retrouvent, discutent, créent des liens, s’aiment…

« Wadia, le propriétaire palestinien du Club Fattoush, a créé cet endroit comme un acte de résistance contre notre précédente ministre de la Culture, qui a fermé le seul théâtre arabe de Haïfa. Il a décidé d’en faire un lieu de rencontres et un refuge pour tous les habitants de Haïfa, quelle que soit leur origine. »

Amos Gitaï.

Laïla in Haïfa met donc « en lumière », en l’espace d’une nuit, cinq femmes et cinq destins dans ce lieu qui abrite également une galerie dédiée à l’art politique — dans le cinéma israélien en général, et dans celui de Gitaï en particulier, 7ème art et politique ne sont jamais bien éloignés.

C’est dans cette galerie que le spectateur est notamment invité à suivre Laïla, propriétaire des lieux et épouse d’un richissime palestinien qui possède « la moitié de Ramallah ». Jeune — contrairement à son mari —, ambitieuse et rêvant d’Amérique, la palestinienne Laïla entretient une relation plus ou moins discrète avec l’un de ses artistes photographe, l’israélien Gil.

« Le film parle de femmes et d’hommes à la recherche de leur autonomie, au-delà des définitions de classe, de genre, de religion ou d’identité nationale. Dans tous mes films, j’invite mes acteurs à participer au processus de recherche de la signification du film. Souvent, je leur demande de s’appuyer sur leurs propres biographies, sur leurs réflexions. »

Amos Gitaï.

Mêlant premiers rôles et acteurs déjà reconnus, on retrouve avec plaisir un casting de qualité : Tsahi Halevi — marié dans la vie à une arabe musulmane, Lucy Aharish, présentatrice à la télévision israélienne —, et déjà vu dans Fauda ou l’Ange du Mossad entre autre, Maria Zreik (La belle promise), ou encore Makram J. Khoury (Rendez-vous à Atlit).

Bien qu’assez sombre, Laïla in Haïfa est en réalité une ode à la tolérance et à l’amour  — aux amoures — mais qui, paradoxalement, ne manque pas non plus d’évoquer la « résistance armée palestinienne ».

Présenté en avant-première à la Mostra de Venise dans le cadre de la compétition officielle, Laïla in Haïfa marque la troisième sélection d’Amos Gitaï dans la course au Lion d’Or, après Ana Arabia en 20213 et Le dernier jour d’Yitzhak Rabin en 2015.

Laïla in Haïfa, d’Amos Gitaï, sera à découvrir en salle à partir du mercredi 1er septembre 2021.

Deux avant-premières de Laïla in Haïfa auront lieu à Paris le jeudi 26 août à 20h15 au cinéma UGC Les Halles (en présence de l’équipe du film), ainsi que le lundi 30 août à 20h00 au cinéma Le Balzac (la projection sera suivie d’une discussion entre Amos Gitaï et Antoine de Baecque).

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