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« Le dernier jour d’Yitzhak Rabin », le film-choc sur l’assassinat du Premier ministre israélien

« Si vous envoyez un soldat au combat, il peut se faire tuer. Un dirigeant aussi peut se faire tuer ». Shimon Peres.

affiche droiteAttention : film-choc ! Alors qu’Israël vient de commémorer les 20 ans de la disparition de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, et que le passé semble rejoindre le présent avec l’arrestation du frère d’Yigal Amir pour avoir proféré des menaces sur son compte Facebook à l’égard de l’actuel président Reuven Rivlin, le très prolifique réalisateur Amos Gitaï s’est emparé du sujet et nous livre un film-documentaire aux allures de thriller, replacé dans son contexte politique et sociétal.

Pour réaliser Le dernier jour d’Yitzhak Rabin, Amos Gitaï a visionné des centaines d’heures d’audience de la commission Shamgar, ainsi que des milliers de photographies et d’images d’archives, témoins d’une vague de haine et de violence jamais vue jusque-là en Israël. Un travail de recherche de deux années. Totalement factuel, il est basé exclusivement sur des documents existants, et chacun des mots composant ses dialogues a véritablement été prononcé. 

Le film s’ouvre sur l’interview d’un visage connu, celui d’un ancien président d’Israël et prix Nobel de la paix : Shimon Peres. Interviewé par la comédienne Yaël Abecassis, celui qui fut à la fois ministre des Affaires Etrangères et ami proche de Rabin revient non sans émotion sur son étroite collaboration avec l’homme des accords d’Oslo. Il livre ému les souvenirs d’une époque où la paix était à portée de main, une époque où l’OLP de Yasser Arafat avait reconnu l’Etat d’Israël, et inversement, une époque où le monde entier espérait enfin voir la fin d’un conflit vieux de plus de quatre décennies. Mais tandis qu’un espoir se profilait, une menace d’une agressivité et d’une violence jusque-là inconnues émergeait. La société israélienne s’enflammait, se divisait. Les chants et les rassemblements en faveur de la paix succédaient aux discours de haine et aux pancartes montrant Yitzhak Rabin en officier SS ou dans le viseur d’un sniper.

Suivant plusieurs personnages – chauffeur, policiers et agents de sécurité, extrémistes religieux, conseillers politiques, Amos Gitaï tente donc d’analyser les causes et les dysfonctionnements qui ont pu conduire à cet assassinat tragique : comment Yigal Amir, le jeune étudiant extrémiste Juif religieux qui abattit Rabin de trois coups de feu, a-t-il pu rester pendant près d’une heure dans un endroit stratégique sans être remarqué alors qu’il était sous surveillance du Shin-Bet ? Pourquoi les forces de sécurité n’avaient-elles pas rendue « stérile » la zone où était stationnée la limousine du Premier ministre ? Le trajet vers l’hôpital Ichilov et les soins apportés étaient-ils les plus appropriés ? La montée d’un extrémisme religieux – dont certains membres considèrent Rabin comme un schizophrène en proie à la drogue et à l’alcool -, et le développement des implantations de Judée-Samarie pouvaient-ils laisser présager un tel événement ?

Enrichi de très nombreuses images d’archives donnant une richesse historique indéniable au film, les reconstitutions permettent au spectateur de s’affranchir des murs pour participer en huis-clos aux interrogatoires étouffants qui ont succédé à l’assassinat du 4 novembre 1995.

Malgré ceux qui auraient voulu que son nom et son œuvre tombent dans l’oubli, l’ombre d’Yitzhak Rabin demeure très présente en Israël. En plus d’être nécessaire à la compréhension de l’Histoire, Le dernier jour d’Yitzhak Rabin l’est également pour mieux comprendre l’Etat d’Israël des années 2000.

Du Gitaï comme rarement vu auparavant !

Le dernier jour d’Yitzhak Rabin, d’Amos Gitaï. DVD. 153 minutes.

Si vous désirez aller plus loin :

Yitzhak Rabin. Chronique d’un assassinat, d’Amos Gitaï. DVD. 92 minutes.

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