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« Non Odiare », de Mauro Mancini : la vie est une question de choix

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Il avait été placé à bien rude école, le petit Simone Segre, quand son père lui demandait de choisir un seul chaton parmi une portée et d’aller noyer les autres, en lui expliquant : « Parfois, il faut faire des choses qu’on n’aime pas. »

Il faut dire que ce père si brutal était un survivant de la Shoah, contraint de soigner les dignitaires nazis pour survivre à l’horreur. Plus tard, adulte, devenu un chirurgien estimé, Simone Segre vient juste de voir mourir son père. En guise d’héritage, Simone se retrouve avec une maison disloquée, pleine à ras bord de vieilleries, pas mal de mauvais souvenirs, et un chien méchant. Il ne sait que faire de tout cela : peut-être nettoyer, assainir, vendre…

Le hasard — mais qu’est-ce donc, parfois, que le hasard, sinon les raisons qu’on n’avait pas prévues ? — le met en présence d’un accidenté de la route, Antonio Minervini, qu’il devrait logiquement soigner. En découvrant que l’homme possède des tatouages néo-nazis, il le laisse mourir : « Parfois, il faut faire des choses qu’on n’aime pas »… Oui, mais Simone ne peut pas être seulement haine et vengeance, il est fait aussi de remords et il a conscience qu’il faut dénouer les enchevêtrements des douleurs enfouies.

Retrouvant la famille de la victime, Simone va tenter d’aider la fille d’Antonio, la jeune Marica Minervini, en l’engageant comme femme de ménage, en essayant de lui parler, en nouant avec elle une bien étrange relation de complicité tendre, à défaut d’autre chose.

Cette fable cruelle, située dans l’Italie contemporaine, nous parle de la nécessité de gommer les fantômes du passé, sans les nier, sans les simplifier. Simone Segre renoue avec l’âme de son père, avec la complexité du vivant et avec sa judaïté. Elle nous parle aussi, cette fable, du re-surgissement pervers des haines ancestrales, de cette bête immonde qui n’est pas tout à fait morte, et de ce que peuvent signifier, pour chacun de nous, le pardon, l’oubli,  et la mesure même de l’humain.

Au final, il s’agit d’un film sombre mais tout à fait optimiste.

Non Odiare, de Mauro Mancini.

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