12 November 2019
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« Orange is the new black » : une saison 3 intime et loufoque sur Netflix

Elles nous avaient manqué. Il faut dire que les héroïnes hautes en couleur d’Orange is the New Black font partie du catalogue de plus en plus fourni des personnages des séries Netflix.

orange is the new blackCe qui signifie que chaque saison de cette exceptionnelle série carcérale arrive d’un bloc : treize épisodes d’un coup, à regarder si on le souhaite en une journée. On est bien loin des séries traditionnelles qui égrainent leurs vingt-quatre épisodes sur près de six mois, laissant un temps d’attente raisonnable entre chaque saison. Sur Netflix, on a le choix de dévorer les saisons, mais le prix à payer est de devoir attendre douze longs mois pour retrouver son show favori.

Petit rappel des faits : emprisonnée pour quinze mois dans un établissement pénitentiaire à sécurité minimale, la blonde Piper, fille de bonne famille, voit sa vie bien rangée basculer lorsqu’elle retrouve, derrière les barreaux, la femme qui est à l’origine de son incarcération : une petite amie oubliée depuis des années pour qui elle avait accepté de transporter de la drogue. Après une immersion houleuse dans le quotidien de la prison, Piper apprend rapidement les codes sociaux et ethniques de l’établissement, où gardiens comme détenues doivent cohabiter tant bien que mal dans une harmonie toute relative.

Déjà célèbre pour Weeds, sa première série en tant que créatrice et productrice, qui suivait les tribulations de Nancy Botwin, jeune veuve mère de deux enfants contrainte de se lancer, avec sa famille, dans le trafic de marijuana, Jenji Kohan s’est emparé du livre de Piper Kerman pour créer son nouveau show. Très attendue depuis le final de Weeds, qui s’est enfin achevée en 2012 après huit saisons (dont trois pas vraiment nécessaires), Orange is the New Black aura marqué un nouveau départ pour sa créatrice et ne marque, après trois ans, aucun signe d’essoufflement.

On retrouve pourtant la même foule de personnages, à quelques exceptions près : ainsi le fiancé un peu encombrant de Piper, qui ne s’inscrivait plus vraiment dans la dynamique de la série, ne fait plus partie du paysage, tout comme la méchante de la saison 2, la charismatique Vee, qui n’avait sa place que dans une tonalité très sombre et qui n’est plus d’actualité en ce début de saison 3 beaucoup plus léger. Ces intrigues secondaires bouclées, Jenji Kohan peut se recentrer sur ses héroïnes, une bonne vingtaine tout de même. De Red, la mafieuse russe qui tente de reconquérir ses cuisines, à Crazy Eyes, la bipolaire qui canalise ses accès d’agressivité en se lançant dans la littérature porno, en passant par la muette Norma qui devient gourou malgré elle, ou encore Piper et Alex qui se lancent dans le trafic de culottes sales, chacune apporte sa dose de fantaisie tout en tissant des liens de plus en plus forts avec ses congénères.

Tout cela, bien évidemment, dans le dos des gardiens et des directeurs de la prison qui doivent également gérer des problèmes de tailles comme la privatisation du pénitencier ou des sentiments malvenus envers les détenues. On connait peu de séries aussi riches de personnages et de caractères, reposant faussement sur les stéréotypes propres à chaque groupe ethnique ou social (les latinos, les afro-américains, les white-trash, les blancs…) pour mieux analyser la manière dont chacun s’en éloigne (comme Cindy, véritable cliché de la black du ghetto, qui décide de se convertir au judaïsme pour profiter des repas casher, avant de se surprendre à développer de vraies convictions). Les spectateurs ont maintenant l’habitude de découvrir, dans chaque épisode, la vie passée parfois surprenante d’une détenue ou d’un gardien, au fil de flashbacks visant à mettre en valeur tel ou tel personnage. Dans cette nouvelle saison, ce principe récurent prend une importance nouvelle puisque la plupart de ces flashbacks influent directement sur l’arc narratif de la série, qui prend de cette manière un tour beaucoup plus intimiste.

Surfant toujours entre humour décapant et salvateur, humanisme piquant et émotions brutes, cette nouvelle saison met un certain frein à la violence physique et morale très intense des précédentes, ce qui n’empêche pas quelques fulgurances d’autant plus éprouvantes qu’elles explosent au milieu d’une relative sérénité. Le dernier épisode, en forme de rafraichissante échappée, efface les ardoises pour un temps, même si nous, comme nos héroïnes, savons bien que la paix et la liberté ne sont que temporaires. Cette incertitude quant au futur, le sort de certains personnages restant en suspens, est également une promesse de nouvelles surprises à venir, lors d’une saison 4 d’ores et déjà commandée.

Clément FROBERT pour Cultures-J.com.

Orange is the new black, actuellement sur Netflix.

Si vous désirez aller plus loin :

Orange is the new black, de Piper Kerman, aux éditions Pocket. 445 pages. 7,90€.
Orange is the new black (saison 1, zone 2), coffret 4 DVD.
Orange is the new black (saison 2, zone 2), coffret 4 DVD.

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