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« Stallone », l’hommage parodique d’Emmanuelle Bernheim à « Rocky »…

En 2001, Emmanuelle Bernheim a écrit une nouvelle parue dans Le Monde, « Stallone », un texte hilarant et subtil pour démontrer qu’il y a des rencontres déterminantes dans une vie. Des rencontres mythiques ou imaginaires qui peuvent forger votre destin.

C’est ce qui se passe pour Lise, vingt-cinq ans, secrétaire médicale menant une vie stable et paisible. Ses seules folies : son mentor imaginaire Rocky Balboa, des films de Sylvester Stallone, son idole dans la série des Rocky notamment.

La subtilité de la mise en scène, signée Fabien Georgeart, est que Lise se raconte à la troisième personne, comme pour établir une distance avec son personnage, incarné par la lumineuse et pétillante Clothilde Hesme, debout sur scène face à un micro, en jean, baskets et sweat-shirt. Elle raconte son engouement pour la boxe, sa fascination pour les derniers combats de Stallone dans Rocky 3.

Elle boxe avec les mots de l’auteure pour en puiser des forces, et prendre de fermes résolutions : celle de reprendre ses études de médecine, de faire de la boxe, de quitter son travail et son compagnon actuel, et de ne plus aller chez ses parents.

Dans un coin de la scène, un piano, un musicien et des tas de petits instruments de musique ponctuent le monologue de Lise.

Le musicien-comédien, Pascal Sangla, pris d’une logorrhée verbale époustouflante, entreprendra de saisissants monologues, comme lancés dans un discours imaginaire avec autrui. Sa présence singulière, animée par un flot de paroles interrompues, traverse de toutes parts le monologue de Lise, créant ainsi deux récits complémentaires et unifiés.

Lise poursuit son chemin, devient un médecin célèbre, gagnera beaucoup d’argent  rencontrera son bel athlète Jean, aura deux enfants… et tombera malade.

Son défi de toujours : ne rater aucun film de Stallone et mettre une cagnotte de côté pour lui, en cas de besoin.

Lise, vibrante d’humanité, incarne  ce personnage pris dans l’engouement de la contre-culture populaire des années 80, animé par cet irrépressible pulsion de vie dégagée par la bande originale du film, le tube Eye of the tiger qu’elle écoutera jusqu’au bout.

Une pièce insolite, drôle, pleine d’émotion et de références aux 80s, à voir avec délice.

Stallone, actuellement au théâtre du Petit Saint-Martin.

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