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« Superman n’est pas juif », une aventure autobiographique de Jimmy Bemon et Emilie Boudet

Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, les parents de Benjamin se séparent. C’est à ce moment-là qu’il va apprendre qu’il est… juif. Oui, juif, comme tous les grands hommes d’ailleurs, de Spinoza à Woody Allen, en passant par Einstein, Freud, Karl Marx, sans bien sûr oublier Jésus.

Bon, certes, sa mère est catholique. Mais comme elle est beaucoup moins convaincante que son père, alors bon… Et même Superman est juif. C’est dire ! Ben oui, ses créateurs le sont, donc forcément, lui l’est un peu aussi, non ?

Parfait, Benjamin vient de trouver un moyen imparable pour épater toutes les filles dans la cour de récréation.

Seulement, un jour, aux urinoirs, tout va s’effondrer lorsqu’il va remarquer que son zizi, contrairement à celui de ses copains, est… coupé. Après avoir clamé haut et fort sa judéité et son appartenance au Peuple élu, voilà que maintenant, tous devaient savoir qu’en tant que juif, il lui manquait un morceau. La honte !

Jusqu’au collège, où il se montrera finalement fort discret sur ce sujet, sa circoncision va le hanter. A tel point qu’il préfère même « rester puceau » plutôt que de succomber aux charmes de la jolie Jasmine, et risquer de voir son intimité dévoilée, et le scandale éclater.

Et si Benjamin pensait que le pire de toute cette situation était derrière lui, son treizième anniversaire allait finalement lui démontrer le contraire… Treize ans, l’âge de la majorité religieuse, et de la bar mitsvah. Décidément, tout cela ne pouvait être qu’un complot contre lui !

Si elle traite avec humour, tendresse et simplicité du judaïsme à travers le regard innocent d’un enfant, on retrouve toutefois bien dans Superman n’est pas juif tous les bons gros clichés idiots et antisémites (ou « anti-sionistes » comme on aime l’appeler aujourd’hui) que les enfants entendent à la maison, et répètent à qui veut l’entendre dans la cour d’école sans même en comprendre le moindre sens : les juifs ont tué Jésus, les juifs sont tous riches comme Rothschild, les juifs ont volé la Palestine aux arabes… 

Semi-autobiographique et inspiré de la vie de son auteur Jimmy Bemon, Superman n’est pas juif révèle malheureusement que, quelques décennies plus tard, les mêmes préjugés sont toujours présents.

Contenant également le DVD du court-métrage, cette réédition de s’achève sur un album de famille présentant les membres de la famille évoqués dans le récit, une interview de Jimmy Bemon sur l’origine de ce projet, et une dernière note plutôt positive : quatre pages consacrées à une recette que nombre de séfarades d’Afrique du Nord connaissent : la tafina. Pommes de terre, piments, pois chiches, semoule, jarret et pied de boeuf… 

Alors, en cette période confinement où il ne nous reste (presque) plus que les fourneaux comme activité, nous vous souhaitons bon appétit.

Superman n’est pas juif (et moi un peu…), de Jimmy Bemon et Emilie Boudet, aux éditions La boite à bulles. 192 pages. 20,00€.

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