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« Trop de jaune », focus sur les dernières heures d’un génie : Vincent Van Gogh

Voilà une approche théâtrale des plus originales montée par une jeune troupe, Correspondances Compagnie, sur le peintre de génie, Vincent  Van Gogh, écrite par Emmanuel Fandre et mis en scène par Orianne Moretti. Un spectacle réjouissant, fort et osé sur les dernières heures de Van Gogh.

Van Gogh est allongé sur un lit au milieu de la scène ; il vient de tenter de se tuer et, dans son agonie, il voit défiler tous les protagonistes de son passé, et même de son futur…

Il y a là la logeuse, le docteur Gachet, ses parents, ses infirmiers, Gauguin, une prostituée, la voix de son frère Théo… et la mort qui s’invite à son chevet.

Dans un huit-clos burlesque, riche en images et au texte haletant, se laisse voir un portrait au vitriol de Van Gogh l’incompris. C’est à un réel cours d’anatomie auquel nous assistons, où chaque personnage, lié d’une façon ou d’une autre à Van Gogh, est disséqué et trituré de l’intérieur sur un lit froid et aseptisé.

Tout d’abord, l’étau familial, constitué de ses parents, conformistes, donneurs de leçon. Puis l’étau des marchands d’art qui s’emparent avidement de son œuvre dans le futur pour en faire des produits de consommation et des gadgets.

L’univers fantasmé de Van Gogh est peuplé de visions réelles ou imaginaires autour des personnages de sa compagne, Sien, du docteur Gachet, des infirmiers transformés en huissiers cyniques ou des marchants d’art sans scrupules, qui apparaissent ou disparaissent au gré du texte.

Ces toiles, par jets fulgurants, nous rendent le personnage de ce peintre de génie, quasi mystique, en proie à la malédiction, incarné de façon antique,  solitaire, tiraillé dans son être et d’une effrayante lucidité.

« Vincent, c’est l’homme finalement aveuglé par l’œuvre de D.ieu, le soleil, le char de Phoebus. Vincent, c’est l’homme sans abri, c’est la modernité de notre monde sans pitié. »

Emmanuel Fandre.

La mise en scène est volontairement audacieuse et insolite, brisant les frontières entre le classique et le contemporain, le beau et le laid, la chair et la peau, et prône le mélange des genres et la confrontation des époques… On passe du kitsch absolu au réalisme le plus cru.

Quant aux comédiens, bien campés dans leurs personnages respectifs, ils contribuent à faire de Trop de jaune. Les dernières heures de Van Gogh un pur moment de bonheur et de réflexion sur l’art, dans la société d’hier et d’aujourd’hui.

Trop de jaune. Les dernières heures de Van Gogh, actuellement au Studio Hébertot.

Si vous désirez aller plus loin :

Van Gogh, de David Haziot, aux éditions Folio. 496 pages. 10,20€.
Van Gogh : l’oeuvre complet – peinture, de Rainer Metzger et Ingo f Walther, aux éditions Taschen. 741 pages. 14,99€.
Van Gogh : lettres à son frère Théo, de Vincent Van Gogh, aux éditions Gallimard. 574 pages. 12,90€.
Van Gogh et le Japon, aux éditions Actes Sud. 200 pages. 49,00€.
Lettres de Van Gogh, l’art des mots. 265 lettres et 110 dessins originaux (1872-1890), aux éditions Actes Sud. 1.093 pages. 52,00€.

Et pour la jeunesse :

Vincent Van Gogh, aux éditions découvertes Gallimard. 26 pages. 9,00€.
Vincent Van Gogh, de Patricia Crété, Bruno Wennagel et Mathieu Ferret, aux éditions Quelle Histoire. 40 pages. 5,00€.
Les couleurs de Van Gogh, de Claire Merleau-Ponty et Nestor Salas, aux éditions RMN. 37 pages. 10,00€.
Comment parler de Vincent Van Gogh aux enfants ?, de Anne Cortey, aux éditions Le baron perché. 80 pages. 14,00€.

2 commentaires sur « Trop de jaune », focus sur les dernières heures d’un génie : Vincent Van Gogh

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