(extrait de l’article « Du Winnick Institute au Tolerance Museum Jerusalem : parcours d’un chantier polémique » publié dans le magazine L’Arche 716)

Avec celle du Musée de la Knesset installé dans les locaux historiques de l’institution sur King George, à Jérusalem, l’ouverture du Musée de la Tolérance était l’une des plus attendues en Israël. Déjà riche en sites d’exception, la capitale se dote donc d’un nouvel établissement culturel dont l’architecture ne peut laisser indifférent, les bâtiments eux-mêmes étant devenus au fil du temps des œuvres à part entière.
Les prémices du Tolerance Museum remontent à 1993, soit plus de trente ans. À l’époque, Teddy Kolek, maire de Jérusalem depuis 1965, voyage à Los Angeles et profite de ce séjour pour visiter le Museum of Tolerance de Pico Boulevard, ouvert depuis février de la même année. Fondé par Simon Wiesenthal, l’établissement se veut un lieu de mémoire résolument tourné vers l’avenir afin de combattre l’antisémitisme et lutter pour la justice sociale. Séduit, Teddy Kolek propose de construire un lieu identique à Jérusalem.
Sept ans plus tard, le rabbin Marvin Hier, doyen du Centre Simon Wiesenthal de Los Angeles, organise un dîner. Après avoir distribué des casquettes de baseball flanquées du nom “Winnick Institute”, lors de son discours il déclare “Il y a eu des guerres, il y a eu la Shoah. Mais la plupart des historiens et philosophes pensent qu’au 21ème siècle, la question la plus importante sera : “pouvons-nous vivre ensemble ?” Le “Winnick Institute”, d’après Gary Winnick, devait alors être le nom du futur musée. Un musée dont on prévoyait la construction dans les cinq ans.
Le site est choisi : ce sera la colonie française dans le nord-est de Jérusalem, non loin du Mont Scopus. Mais sous le mandat d’Ehud Olmert, successeur de Teddy Kolek, un nouveau lieu est défini : entre le Parc de l’Indépendance et la Vieille Ville, dans le quartier de la Mamilla. Une localisation plus centrale.
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