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Tel Aviv, une Ville Blanche au Patrimoine mondial de l’UNESCO

Classée en 2003 au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre « d’ensemble exceptionnel d’architecture du mouvement moderne », la Ville Blanche de Tel Aviv possède la plus grande concentration au monde d’immeubles de styles Bauhaus et International.

Fondée en 1919 à Weimar par Walter Gropius, l’école du Bauhaus devient l’une des plus importantes écoles artistiques allemandes du 20ème siècle. Ses cours, dispensés entre autre par Paul Klee, Vassily Kandinsky ou encore Marcel Breuer, rassemblent diverses formes d’art comme la photographie, la mode, la danse, les arts décoratifs, et bien sûr le design et l’architecture.

Basé sur un fondement pouvant aujourd’hui paraître banal mais résolument novateur il y a un siècle, il consistait à produire de l’art en série afin de le faire entrer dans tous les foyers. Avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, le Bauhaus, considéré comme du « bolchevisme culturel » et « l’expression la plus parfaite d’un art dégénéré », est saccagé par les SA et condamné à la fermeture.

Pressentant le chaos dans lequel l’Europe n’allait pas tarder à tomber, des dizaines de professeurs et des centaines d’étudiants Juifs quittent alors l’Allemagne, emportant dans leurs bagages leur savoir-faire. Si une grande partie d’entre-eux prendront la route du nouveau continent, une poignée d’autres gagnera la Palestine mandataire et la jeune ville de Tel Aviv. Parmi eux, Hannes Meyer, directeur de l’école Bauhaus de 1928 à 1930, ainsi que 17 de ses élèves. Construite en 1909, Tel Aviv voit en quelques décennies sa population s’envoler, passant de 46.000 habitants en 1931 à plus de 120.000 quatre ans plus tard, impliquant de fait une forte demande de logements. Du début des années 30 au milieu des années 50, ce seront plus de 4.000 immeubles qui vont ainsi être construits, dont le style simple, fonctionnel et ouvert sur l’extérieur reponds à l’idéologie sioniste de communisme et d’équité sociale.

Caractérisées par une architecture dénuée de fioritures et aux lignes épurées, des façades lisses aux angles et aux balcons parfois arrondis, ces constructions font souvent appel à des matériaux novateurs comme le verre et l’acier, s’inspirant parfois des modes de l’époque pour évoluer, comme ce fût le cas pour les croisières qui donneront le style « paquebot ».

Mais dans les années 60, de nombreux habitants vont quitter le centre-ville de Tel Aviv pour les banlieues, plus calmes et plus agréables, laissant derrière eux des centaines d’immeubles qui ne cesseront de se dégrader, faute d’entretien. Si la municipalité de Tel Aviv accorde depuis plusieurs années certaines aides aux propriétaires afin de les inciter à se lancer dans des travaux de restauration, peu d’entre-eux semblent prêts à affronter la lourdeur administrative qu’implique un tel chantier, sans parler de son aspect financier.

Aujourd’hui, on estime à environ 400 le nombre d’immeubles Bauhaus ayant fait l’objet d’une restauration, soit à peine 10%. Les plus beaux exemples se trouvent entre autre sur le boulevard Rothschild, un des premiers quartiers construit à Tel Aviv, et les rues avoisinantes, mais également sur Bialik, Dizengoff, Frishman ou Ben Yehouda… Au hasard des promenades, des dizaines d’autres ne demanderont qu’à être découverts.

Si l’école du Bauhaus s’est éteinte lors de sa fermeture en 1933, elle a introduit la modernité. Son influence, déterminante pour l’architecture, et son esprit ne cessent quant à eux de briller.

Enfin, sachez que deux visites de la Ville Blanche sont proposées aux visiteurs, la première organisée par le Bauhaus Center de la rue Dizengoff, la seconde par la municipalité de Tel Aviv, cette dernière ayant l’avantage d’être gratuite.

 

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