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« Fritz Bauer. Un héros allemand », le film de Lars Kraume

Francfort, fin des années 50. Dans une Allemagne en pleine reconstruction, le procureur général de la Hesse, Fritz Bauer, déjà à l’origine des procès dits « procès d’Auschwitz », poursuit ses recherches pour retrouver l’une des pièces-maitresses de la Shoah, l’instigateur de la Solution Finale Adolf Eichmann.

Mais dans une nation traumatisée qui n’a nulle envie de se voir confrontée à son passé, certains juges et procureurs nazis occupant toujours ces postes ne sont guère enclins à poursuivre les anciens dirigeants du 3ème reich. Fritz Bauer est volontairement orienté vers de fausses pistes, découvre que certains de ses dossiers disparaissent, reçoit des lettres de menaces, et voit son passé homosexuel ressurgir sous forme de chantage.

Jusqu’au jour où Lother Hermann, un Juif émigré en Argentine, l’informe par courrier que sa fille pourrait être la petite amie du fils d’Eichmann, Klaus.

Face à une évidente volonté allemande de ne pas agir et l’incompétence d’Interpol en termes d’affaires politiques, Fritz Bauer se rend en Israël afin d’informer le Mossad des éléments en sa possession.

Avec un second film en moins d’un an, après le magnifique Labyrinthe du silence de Giulio Riccarelli, Fritz Bauer sort définitivement de l’oubli dans lequel il était plongé depuis des décennies. Ce nouveau long-métrage met en lumière son second et ultime combat, consistant à retrouver et à extrader en Allemagne celui qui fut à l’origine de l’assassinat de six millions de Juifs en Europe.

Une traversée du désert solitaire dans laquelle les efforts déployés pour l’en empêcher n’auront d’égal que son désir de justice et de réparations des crimes commis par les nazis.

« Je voulais absolument jouer ce rôle de Fritz Bauer. Absolument. Parce que j’ai toujours voulu jouer un héros, un héros brisé. Il n’y a pas beaucoup de personnes de ce genre en Allemagne ».

Burghart Klaussner.

Grâce à une réalisation sensible, dans laquelle aspects humains côtoient faits historiques, Lars Kraume signe une subtile biographie aux allures de thriller mettant en lumière une traque de trois années qui s’achèvera cependant sur une victoire en demi-teinte. Fritz Bauer, qui souhaitait qu’Adolf Eichmann soit jugé en Allemagne, n’obtiendra jamais son extradition. Kidnappé par le Mossad, il sera jugé à Jérusalem au cours d’un procès retentissant, et pendu en mai 1962. Il sera le seul condamné à mort de l’histoire d’Israël.

Ce ne sera qu’à la fin des années 70, soit dix ans après sa mort – suspecte – que le rôle essentiel joué par Fritz Bauer dans cette affaire ne sera dévoilé au public.

Si vous désirez aller plus loin :

Fritz Bauer, un héros allemand, de Lars Kraume. DVD. 101 minutes.

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