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Munich, Dachau. 3/4 : Munich 1972, un rendez-vous manqué

Situé au nord de la ville, au coeur d’un vaste espace de verdure où viennent par tous les temps se promener en famille des centaines de munichois, l’OlympiaPark, vaste complexe de 300 hectares dominé par l’immense tour de télévision haute de 280 mètres, est un détour obligatoire lors d’une visite de la ville.

Trente-six ans après les Jeux Olympiques de Berlin, Munich, qui souhaite effacer des mémoires le souvenir de la propagande nazie laissée par les Jeux de 1936, est choisie par le Comité Olympique afin d’accueillir les J.O. de 1972. Plus de 7.000 athlètes de 120 nations s’affronteront du 26 août au 11 septembre dans cet immense complexe, ultra-moderne pour l’époque, dont le coeur est l’OlympiaStadion, aux allures de gigantesques toile d’araignée, d’une capacité de 77.000 spectateurs.

Mais le 5 septembre, à 4h30 du matin, le sport et la compétition laissent place à la terreur. Avec la collaboration de deux militants néo-nazis allemands, huit terroristes palestiniens, du mouvement Septembre Noir, pénètrent dans le village olympique, assassinent deux athlètes israéliens et en prennent neuf autres en otage. Ils exigent la libération de 236 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, sans quoi ils abattront un otage toutes les heures. Avec la fermeté qui est la sienne, le Premier ministre israélien de l’époque, Golda Meir, réponds qu’il n’y aura aucune négociation.

En fin de journée, face à l’échec de leurs revendications, les terroristes demandent un véhicule pour se rendre à l’aéroport avec leurs otages, où les attend un Boeing 727 prêt à décoller pour l’Egypte. Mais vers 23h00, sur le tarmac de l’aéroport, dans une ultime tentative de sauvetage, une fusillade qui va durer plus d’une heure éclate, provoquant la mort de tous les athlètes israéliens, de cinq des huit terroristes, ainsi que d’un policier allemand.

Incarcérés dans une prison allemande, les trois terroristes survivants seront libérés quelques semaines plus tard, suite au détournement d’un avion de la Lufthansa.

Deux Mémoriaux, situés dans l’OlympiaPark, rappellent aujourd’hui ces tristes événements. Le premier est situé au numéro 30 de la Connolystrasse, l’immeuble où était logée la délégation israélienne et où eut lieu la prise d’otage. Transformé en habitation, une plaque, à l’entrée, mentionne le nom des onze athlètes assassinés et les conditions dans lesquelles ils ont perdu la vie. Le second, Klagebalken – la « Poutre des Lamentations » -, conçu en 1995 par l’artiste Fritz König, invite au souvenir et à lutter contre le terrorisme. Gigantesque poutre de granit provenant de la carrière de Flossenbürg, non loin du camp de concentration du même nom, il se trouve quant à lui sur le pont Hans-Braun-Brücke, face à l’OlympiaHalle.

Au sud du parc, les lignes 12 et 16 du tramway vous conduisent directement au château Nymphenburg, à une quinzaine de minute de là.

Majestueux palais entouré de vastes jardins et de plans d’eau agrémentés de dizaines de cygnes, il n’était, lors de sa construction en 1664, qu’une modeste villa pour Henriette Adélaïde de Savoie. A l’image de Versailles, les siècles et les souverains l’agrandirent tant et si bien qu’il impose aujourd’hui sa façade baroque sur environ 700 mètres.

Si on peut être déçu, ou surpris, par le peu de salles ouvertes au public au regard de sa démesure – à peine une vingtaine -, la richesse de sa décoration intérieure n’en demeure pas moins exceptionnelle.

Parmi les pièces principales, son gigantesque hall, qui occupe les trois étages du bâtiment central, et fut décoré par François de Cuvilliès et Johann Baptist Zimmermann, ce dernier signant les fresques des plafonds.

Un peu plus loin dans la visite, de renommée internationale, la « galerie des beautés » doit son nom aux portraits des trente-six femmes qui y sont accroché, tous exécutés par Joseph Stieler. Fasciné depuis son enfance par la beauté féminine, Louis Ier de Bavière commande au peintre des portraits de femmes rivalisant de beauté, et issues de milieu variés, de la classe ouvrière à la haute aristocratie, en passant par le monde du spectacle comme le montre la présence sur les cimaises de la danseuse Lola Montez, maîtresse du souverain.

Enfin, à l’issue du parcours, le visiteur découvrira également la chambre tapissée de vert où naquit Louis II, l’excentrique monarque qui faillit ruiner la maison royale par ses frasques et la construction de nombreux châteaux de style gothico-romantique. Si Richard Wagner inspira Louis II dans sa folie des grandeurs, Louis II inspira quant à lui Walt Disney qui trouva en Neuschwzanstein le château idéal pour sa Belle au Bois Dormant.

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