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La Païva, un hôtel (très) particulier sur les Champs-Elysées…

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Considérée comme la plus populaire courtisane du Second Empire, Esther Lachmann, plus connue sous le nom de « la Païva », arrive à Paris vers 1840.

Originaire d’un ghetto juif de Russie, elle intègre par l’intermédiaire de son époux de l’époque, le pianiste Henri Herz, l’intelligentsia parisienne et fréquente Richard Wagner, Théophile Gautier, Eugène Delacroix, Gustave Flaubert, Franz Liszt…

Impliquée dans les milieux de la prostitution, indépendante et ambitieuse, elle entretient une relation avec le duc de Gramont, puis épouse le marquis portugais Franscisco de Païva. Dès le lendemain des noces, elle lui annonce que chacun ayant obtenu ce qu’il voulait, ils pouvaient « en rester là ». Désespéré et ruiné, il se suicidera quelque temps plus tard.

Désormais marquise de Païva, elle conserve jusqu’en 1851 l’hôtel particulier du quartier de la Nouvelle Athènes, demeure offerte par son infortuné époux. Édifié en 1840 par l’architecte Édouard Renaud, il est encore visible aujourd’hui, au 23 de la place Saint-Georges, dans le 9ème arrondissement.

La Païva entame une nouvelle relation avec le comte prussien Henckel von Donnersmarck, cousin de Bismarck, qui va lui offrir le château de Pontchartrain, ainsi que le très luxueux hôtel du 25 avenue des Champs Elysées.

Construit de 1856 à 1865 par l’architecte Pierre Manguin, cette demeure exceptionnelle possède en son centre un magnifique escalier en onyx jaune d’Algérie, pierre semi-précieuse extrêmement chère, taillé dans un seul bloc. Probablement le seul exemple au monde.

Au milieu du 19ème siècle, le Tout Paris ne parlait que de cette demeure, et pour cause. L’hôtel a coûté la bagatelle de dix millions de francs-or à la marquise de Païva. À titre d’exemple, l’Opéra Garnier a coûté quant à lui quarante millions de francs or. « Seulement » quatre fois plus…

Mais la Païva, présente sur place tous les jours pour surveiller les travaux, a cependant tenté de réaliser certaines « économies », notamment en recrutant ses décorateurs directement à la sortie de l’école des beaux-arts. Encore inconnus à l’époque, Paul Baudry ou encore Jules Dalou ont contribué à faire de ce lieu l’un des hôtels particuliers les plus célèbres du Second Empire.

Face à l’abondance indécente de dorures, de marbres et d’œuvres d’art, les frères Goncourt qualifieront la demeure de « Louvre du cul ». Propriété du Travellers Club depuis 1903, il est aujourd’hui le dernier hôtel particulier de l’avenue des Champs-Elysées.

Arrivée sans un sou en poche, Esther Lachmann, marquise Païva puis comtesse von Donnersmarck, deviendra la femme la plus riche de Paris, et l’une des personnalités emblématiques du Second Empire. Soupçonnée d’espionnage, elle est contrainte de quitter la France en 1877, et meurt le 21 janvier 1884 dans son château de Neudeck, en Prusse.

Avec Des Mots et des Arts, partenaire culturel de Cultures-J, partez à la découverte du fabuleux hôtel de La Païva. Informations, dates et réservations sur le site Des Mots et des Arts.

Si vous désirez aller plus loin :

La Païva, de Marcel Boulenger, aux éditions Hachette / BNF. 116 pages. 10,90€.
Les diamants de la Païva, de Pascal Avisse, aux éditions L’Harmattan. 242 pages. 14,24€.
L’extraordinaire hôtel Païva, ouvrage collectif aux éditions Les arts décoratifs. 191 pages. 45,00€.

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